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Plateformes de freelances, de jobbing et de crowdworking : Linkedin pourrait bousculer le marché

AVIS D'EXPERT | Alexandre Boulegue | Publié le 05 Mai 2021

Services aux entreprises



Avec la crise, les plateformes de freelances, jobbing et crowdworking semblent dans les starting-blocks en France ?

Avant de prendre la mesure du terrain de jeu de ces plateformes, rappelons en préambule qu’une confusion, parfois savamment entretenue, persiste entre travailleur indépendant et freelance. Dans ce contexte, les problèmes statistiques perdurent. Il s’agit en effet d’ancrer dans le débat public que les formes alternatives au salariat sont enviables pour, au final, convaincre un maximum de personnes de basculer vers le travail indépendant pour accroître le marché total adressable. Si l’on considère que les freelances sont des travailleurs indépendants qualifiés actifs dans les services aux entreprises (métiers informatiques, graphistes, designers, consultants en management…), leur nombre atteindrait 660 000 personnes en 2020 d’après nos calculs. Mais l’INSEE estimait en 2017 que seuls 100 000 travailleurs indépendants passaient exclusivement par une plateforme pour contacter leurs clients. Le véritable marché adressable reste donc délicat à évaluer. Selon notre méthodologie, le volume d’affaires des plateformes de freelances serait compris entre 1,3 et 2 milliards d’euros. Et si l’on prend pour hypothèse que 15% du marché est transformé en chiffre d’affaires (via les commissions et autres abonnements), leurs revenus oscilleraient entre 195 et 300 millions d’euros. La population de jobbers est, quant à elle, mal connue et difficile à quantifier. Celle des micro-travailleurs fait aussi débat chez les chercheurs. Ceci posé, plusieurs éléments concourent au développement du travail indépendant en France ces prochaines années tels que l’effet crise (licenciements et montée du chômage, reconversions professionnelles, pressions sur le pouvoir d’achat), la recherche de flexibilité par les entreprises (réduction de la masse salariale), l’essor du télétravail (informatique et métiers créatifs en tête) et l’arrivée d’une nouvelle génération d’actifs (entrepreneuriat, ouverture aux parcours déstructurés, équilibre entre vies professionnelle et personnelle…).

  

Peut-t-on s’attendre à un mouvement de consolidation dans cet univers ?

Nous avons recensé plus d’une soixantaine de plateformes de freelances en France (avec des start-up comme Malt, Comet ou Crème de la crème et des opérateurs historiques comme Codeur ou Freelance.com), une quinzaine de plateformes de jobbing/voisinage et une dizaine de plateformes de micro-travail (Wirk, 5euros.com, Ferpection…). Cet univers reste concurrentiel avec de nombreux acteurs dont les modèles d’affaires doivent encore démontrer leur viabilité. Dans ces conditions, un mouvement de structuration et de consolidation semble inévitable.  On peut légitimement s’attendre à des rapprochements entre plateformes de freelances pour croître à l’échelle européenne, voire mondiale, avec l’émergence d’une poignée de leaders et quelques compétiteurs positionnés sur des niches. C’est d’ailleurs le scénario déjà à l’œuvre dans le monde anglo-saxon. Et il y a fort à parier que les grands groupes de l’univers des ressources humaines jouent les consolidateurs, à l’image de Freelance.com. Mais c’est surtout Linkedin qui s’apprêterait à bousculer le jeu concurrentiel, en général, et des acteurs comme Upwork ou Malt, en particulier, avec sa nouvelle solution de mise en relation entre les entreprises et les freelances, dotée d’un système de paiement pour faciliter les transactions. Déjà, avant la crise, des défaillances et des rachats avaient contribué à redessiner le paysage concurrentiel des plateformes de jobbing. Stootie, Needhelp ou FamiHero sont ainsi respectivement tombées dans l’escarcelle de Cdiscount, Kingfisher et Oui Care. Leroy Merlin s’est pour sa part associé à Frizbiz et Lulu dans ma Rue.

Quels sont les leviers actionnés par les plateformes pour tendre vers la rentabilité ?

Les plateformes tricolores activent plusieurs leviers pour accroître leur audience et ainsi tendre vers la rentabilité. Elles intensifient leurs initiatives commerciales et marketing (ibound et outbound), notamment en ligne en période de pandémie (emialing, display…). Elles consacrent également d’importants efforts en matière de content marketing (livres blancs, blogs…) pour populariser le freelancing ou le jobbing. Pour renforcer leur proposition de valeur, elles enrichissent leur offre de services. Le programme Sésame de Malt, Qonto (banque) et Alan (assurance) a ainsi été rejoint par Copass (coworking), IronHack, OpenClassrooms (formation) et L-expert-Comptable (comptabilité). Certaines plateformes n’hésitent pas non plus à redéfinir leur positionnement marché en matière de clients, de travailleurs, de secteurs d’activité ou encore de métiers. Club Freelances a par exemple amorcé un virage vers le recrutement de profils IT en CDI en 2021 sous la marque Mindquest. D’autres encore choisissent de faire évoluer leur modèle d’affaires, en ajustant leur mode de fonctionnement et leur structure tarifaire. Enfin, les plateformes françaises ne font pas mystère de leur ambition de s’implanter à l’international face à un marché domestique limité et concurrentiel. Malt a ainsi pour objectif de s’imposer comme une référence au niveau européen.

 

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Alexandre Boulègue est directeur du bureau d’études Xerfi Intelligence Stratégique, qui produit chaque année plus de 1000 études sur la conjoncture et les performances des entreprises de l’ensemble des secteurs de l’économie française. Il est également rédacteur en chef de la lettre d’information mensuelle sur la conjoncture Xerfi Prévisis.

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