Le marché des boissons NoLo, encore marginal en valeur, connaît une dynamique portée par la quête de sobriété et l’innovation produit. Si la grande distribution en capte l’essentiel, le circuit hors domicile reste un maillon faible de la diffusion. Pourtant, cafés, hôtels et restaurants (CHR) pourraient jouer un rôle clé dans la démocratisation de ces boissons à faible teneur ou sans alcool, à condition que les marques investissent pleinement ce canal prescripteur et à fort potentiel.
En France, le marché des boissons NoLo (No alcohol, Low Alcohol) est estimé à un peu moins de 300 millions d’euros, soit moins de 2% des ventes d’alcools. Il est largement dominé par le segment des bières, qui représente à lui seul plus des trois quarts des ventes en grande distribution alimentaire. Les spiritueux, apéritifs et cocktails occupent également une place significative grâce à la présence de marques historiques telles que Palermo, Mister Cocktail ou Pacific. Bien que la catégorie des vins sans alcool existe depuis une trentaine d’années avec la marque Bonne Nouvelle, elle reste encore marginale en grande distribution, malgré une offre en forte expansion ces dernières années.
Si les premières références NoLo ont désormais plus de 30 ans, le marché n’a véritablement décollé qu’en 2015 suite au succès des bières sans alcool. Depuis, l’offre s’est considérablement développée sur la bière, le vin ou les spiritueux. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de baisse de la consommation individuelle d’alcool en France et de recherche d’alternatives plus saines, notamment dans les circuits hors domicile.
Le hors foyer, un circuit incontournable pour les boissons
Le hors domicile représente en effet un circuit clé sur le marché des boissons. Chaque année, plus de 3 milliards de litres sont écoulés en foodservice, dont un peu plus de 1 milliard de litres de boissons alcoolisées. La restauration commerciale (restaurants, cafés et bars) constitue de loin le principal débouché, captant près de 98% du marché des alcools et 67% de celui des eaux, softs et jus.
Pourtant, les boissons NoLo restent peu présentes sur ce circuit. Les CHR ne représentent que en effet que 5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023, soit moins de 2% du marché total des NoLo, alors que le hors foyer pèse près d’un quart du marché des boissons alcoolisées.
Pour investir ce circuit, les marques NoLo peuvent alors nouer des partenariats avec les grossistes tels que C10, France Boissons ou Distriboissons, mais aussi avec les Cash & Carry (Metro, Promocash). D’une part, parce que le circuit CHR joue un rôle prescripteur, favorisant la découverte et la diffusion des innovations. D’autre part, parce que les volumes de boissons NoLo écoulés dans les bars peuvent être trois à quatre fois supérieurs à ceux écoulés en magasins bio. Pour les établissements, mettre ces boissons sur leur carte est un atout pour se distinguer de la concurrence mais aussi un levier pour attirer une clientèle plus large et diversifiée grâce à une offre inclusive et fédératrice. La restauration collective, notamment en entreprise, représente également un levier à explorer pour les marques.














