Longtemps perçues comme une alternative compétitive à l’hôtellerie, les locations de courte durée voient leur expansion ralentir. Le durcissement du cadre réglementaire, notamment avec l’entrée en vigueur de la loi Le Meur, modifie les conditions d’exploitation des meublés touristiques dans les grandes villes. Entre restrictions administratives, exigences énergétiques accrues et évolution du régime fiscal, l’attractivité économique de ces locations s’érode. Ce qui, contribue à atténuer peu à peu la pression concurrentielle exercée sur le secteur hôtelier.
Depuis plusieurs années, les hôteliers font face à une concurrence croissante des locations entre particuliers, largement diffusées via des plateformes comme Airbnb. Ces hébergements séduisent de nombreux voyageurs – y compris professionnels – en raison d’un rapport qualité-prix jugé avantageux, d’une plus grande liberté d’organisation et d’un cadre de vie souvent mieux adapté aux familles. L’offre s’est en particulier développée dans les grandes métropoles, notamment à Paris où l’on compte plus de 45 logements « Airbnb » pour 1 000 habitants. En termes de densité de logements Airbnb, la capitale française se place d’ailleurs au deuxième rang des villes européennes, derrière Lisbonne et devant Venise et Copenhague.
La Loi Le Meur freine la concentration de meublés touristiques en centre ville
La concurrence exercée par les locations de courte durée devrait s’atténuer toutefois, du fait du durcissement de la réglementation induit par le vote de la loi Le Meur. Depuis son entrée en vigueur en 2025, la location de meublés est soumise à une autorisation préalable de changement d’usage délivrée par la mairie des villes de plus de 200 000 habitants. Or, certaines municipalités refusent d’accorder ces autorisations ou ne renouvellent pas celles validées précédemment. Plusieurs maires ont aussi choisi de limiter à 90 jours par an la durée maximale de mise en location de la résidence principale via une plateforme, comme la loi l’autorise. Après Paris, première ville à appliquer ce plafond, Lyon, Bordeaux et Nice se sont aussi saisies de cette possibilité depuis le 1er janvier 2026. Et d’autres villes devraient suivre pour éviter la « touristification » excessive de certains quartiers.
Côté propriétaire, les locations de courte durée perdent en attractivité
Depuis la loi Le Meur, la performance énergétique des meublés de tourisme est par ailleurs davantage prise en compte. Dans certaines communes, un diagnostic de performance énergétique (DPE) peut être exigé dans le cadre des démarches, notamment lors d’une demande de changement d’usage. Il est aussi interdit de louer les logements classés énergétiquement G depuis 2025 et cette interdiction va être étendue aux logements F en 2028 et E en 2034. Cela devrait se traduire par une sortie progressive du parc des locations de courte durée de biens non conformes.
Sur le plan fiscal enfin, la loi Le Meur a aussi réduit l’abattement applicable sous le régime micro-BIC pour les revenus tirés des locations meublées touristiques, rendant cette activité moins avantageuse fiscalement.
FAQ - Locations Airbnb et réglementation
Pourquoi la concurrence d’Airbnb diminue-t-elle pour les hôtels ?
La concurrence des locations de courte durée tend à s’atténuer avec le durcissement du cadre réglementaire. La loi Le Meur impose davantage de contraintes administratives, fiscales et énergétiques aux propriétaires. Ce qui limite le développement de l’offre de meublés touristiques dans les grandes villes.
Quelles sont les principales mesures de la loi Le Meur sur les locations touristiques ?
La loi Le Meur renforce l’encadrement des meublés touristiques. Dans les villes de plus de 200 000 habitants, une autorisation de changement d’usage est nécessaire pour louer un logement en courte durée. Les municipalités peuvent également limiter à 90 jours par an la location de la résidence principale.
Pourquoi certaines villes limitent-elles les locations Airbnb à 90 jours par an ?
Le plafonnement à 90 jours vise à limiter la concentration de locations touristiques dans certains quartiers. L’objectif est de préserver le parc de logements résidentiels et de contenir les effets de la touristification dans les grandes métropoles.
Quel impact la performance énergétique a-t-elle sur les meublés touristiques ?
La réglementation énergétique réduit peu à peu le parc de logements pouvant être loués en courte durée. Les logements étiquetés G au DPE sont interdits à la location depuis 2025, avec une extension prévue aux logements F en 2028 puis E en 2034.
La fiscalité des locations Airbnb est-elle devenue moins avantageuse ?
La loi Le Meur a réduit l’abattement fiscal du régime micro-BIC pour les revenus issus des locations meublées touristiques. Cette évolution diminue la rentabilité pour les propriétaires et contribue à rendre ce modèle d’investissement moins attractif.














