
AVIS D'EXPERT | Vinchenzo Borrego | Publié le 02 Février 2026
IndustrieFace à la densification des infrastructures numériques, les salles blanches s’imposent comme un maillon critique dans la chaîne de fiabilité des data centers. En limitant les contaminations physiques, elles garantissent la continuité de service, la sécurité des données et la conformité aux SLA. Mais si ce marché offre des perspectives solides, il reste verrouillé par des logiques de maîtrise d’œuvre intégrée. Une configuration qui laisse peu de place aux acteurs spécialisés, contraints de se positionner en sous-traitance.
Les data centers constituent aujourd’hui un débouché croissant pour les acteurs du marché des salles blanches. Ces infrastructures hébergent des serveurs et équipements réseau dont les performances et la longévité peuvent être gravement affectées par la présence de particules, de poussières ou d’humidité. Toute contamination est susceptible d’entraîner des courts-circuits, une surchauffe des composants ou des pannes coûteuses, compromettant la continuité de service.
Dans un contexte de densification des racks et d’augmentation de la puissance dissipée, le contrôle de la qualité de l’air devient un enjeu stratégique. Les opérateurs adoptent ainsi des salles blanches classées ISO 7 à ISO 8 pour les environnements standards, et jusqu’à ISO 6 dans les zones les plus sensibles. Cette approche garantit une filtration et un confinement adaptés, réduit les risques de défaillance matérielle et prolonge la durée de vie des équipements. Elle répond également aux exigences de fiabilité contractuelle (SLA) et aux attentes croissantes en matière de disponibilité des services cloud.
L’augmentation rapide du parc de data centers en France, et son fort potentiel à moyen et long terme, ouvrent de nouvelles opportunités pour les concepteurs de salles blanches. Ces infrastructures nécessitent en effet des dispositifs de contrôle et de régulation particulièrement exigeants. La sensibilité des composants des disques durs étant très élevée, il est impossible de les ouvrir à l’air libre sans provoquer des dégâts irréversibles. La moindre poussière ou un cheveu entrant en contact avec la surface d’un plateau peut entraîner la perte partielle ou totale des données. Le recours à une salle blanche est donc indispensable pour réaliser un diagnostic lors d’une panne physique. Plus largement, les salles blanches permettent de maîtriser des paramètres critiques tels que l’empoussièrement, l’humidité, le bruit, l’éclairage, les vibrations ou encore la température, au cœur des exigences du marché des data centers.
Le segment des salles blanches pour data centers demeurera toutefois difficile d’accès. En raison de l’ampleur et de la complexité de ces projets, les donneurs d’ordres privilégient une contractualisation avec un partenaire unique, capable de réaliser l’ensemble du bâtiment, y compris les salles blanches. Cette approche « tout-en-un » bénéficie principalement aux grands groupes diversifiés disposant des ressources techniques, financières et organisationnelles nécessaires. Equans, filiale du groupe Bouygues, se positionne par exemple comme maître d’œuvre du nouveau data center du CERN, en assurant la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance du site, dont la livraison est prévue à l’horizon 2033. À l’inverse, les pure players du marché des salles blanches disposent de marges de manœuvre limitées et peinent à pénétrer directement ce segment. Pour ces acteurs spécialisés, l’accès au marché passe le plus souvent par des contrats de sous-traitance, au sein de projets pilotés par de grands intégrateurs.
Pourquoi les data centers ont-ils besoin de salles blanches ?
Les salles blanches assurent un environnement contrôlé limitant la présence de particules, poussières et humidité. Ces conditions sont essentielles pour éviter les défaillances matérielles, assurer la fiabilité des équipements et maintenir la continuité de service dans les data centers.
Quelle est la norme ISO requise pour les salles blanches en data center ?
Les data centers utilisent généralement des salles blanches classées ISO 7 ou ISO 8 pour les environnements standards, et jusqu’à ISO 6 dans les zones les plus sensibles, afin de garantir une filtration et un confinement optimal.
Le marché des salles blanches pour data centers est-il accessible aux PME ?
Le marché reste difficile d’accès pour les PME, car les grands donneurs d’ordres privilégient des solutions intégrées « clé en main » confiées à des groupes capables de gérer l’ensemble du projet. Les PME interviennent le plus souvent en sous-traitance.
Quelles entreprises dominent ce segment en France ?
Des acteurs comme Equans (filiale du groupe Bouygues) se positionnent sur ce marché en tant que maîtres d’œuvre, notamment pour des projets d’envergure comme le data center du CERN, dont la livraison est prévue en 2033.
Quels sont les paramètres techniques contrôlés dans une salle blanche pour data center ?
Outre la pureté de l’air, les salles blanches permettent de maîtriser des variables comme la température, l’humidité, le bruit, les vibrations et l’éclairage, essentiels pour garantir la stabilité et la longévité des équipements informatiques.
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Directeur d’études économiques chez Xerfi depuis 2022, Vinchenzo Borrego analyse les
transformations des services aux entreprises, avec un ancrage particulier dans
la logistique, le transport, les services externalisés et les nouveaux modèles
d’organisation du travail. Il s’intéresse à des marchés soumis à de fortes
contraintes opérationnelles, réglementaires et économiques, qu’il appréhende à
travers l’étude des modèles économiques, des dynamiques concurrentielles et des
stratégies mises en œuvre par les acteurs.
Ses travaux
reposent sur une connaissance approfondie des entreprises et de leur
fonctionnement. Ses analyses s’appuient notamment sur des études de cas,
l’examen des structures de coûts et de rentabilité, ainsi que sur l’analyse
financière de panels d’acteurs. Cette approche microéconomique lui permet
d’évaluer concrètement les conditions de création de valeur, les contraintes
opérationnelles et les arbitrages stratégiques auxquels les entreprises sont
confrontées.
Diplômé d’un master en économie de l’entreprise et des marchés de l’Université de Poitiers, Vinchenzo contribue également aux travaux de veille et aux échanges méthodologiques entre analystes. Il participe ainsi à la robustesse des diagnostics et à la cohérence des analyses destinées aux dirigeants et aux investisseurs.
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