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AVIS D'EXPERT

La filière nucléaire française va devoir résoudre une équation à plusieurs inconnues

Publié le 06 Mars 2022




2050 : une puissance en service inférieure à celle de 2021

Le nucléaire - qui fournit plus des deux-tiers de l’électricité produite en France - traverse une période délicate. D’un côté, un tiers du parc (17 réacteurs sur les 56 de l’Hexagone répartis dans 18 centrales) est désormais à l’arrêt tandis que l’entrée en service de l’EPR de Flamanville (Manche) ne cesse d’être repoussée. Dans ce contexte difficile, la production d’électricité nucléaire, tombée au plus bas, ne retrouvera qu’en 2025 le seuil des 400 TWh, soit la moyenne observée de 2013 à 2019. De l’autre côté, le gouvernement a officialisé le lancement d’un plan de relance du nucléaire très ambitieux, qui donne une visibilité à très long terme à la filière. Sauf bouleversement politique ou accident technique majeur, les travaux pour prolonger l’exploitation de la plupart des réacteurs existants au-delà de 50 ans, la construction quasi actée de six nouveaux EPR (estimée entre 52 et 56 milliards d’euros, hors coût du financement) et le développement de SMR (petits réacteurs modulaires) assureront une croissance de l’activité considérable pour l’ensemble de la filière ces prochaines années et un maintien à très haut niveau pour au moins 15 à 20 ans. A l’horizon 2050, plusieurs incertitudes (politiques et technologiques en particulier) persistent néanmoins, D’après le scénario de référence de Xerfi Precepta, d’importantes nouvelles capacités auront été mises en service (EPR de Flamanville, six EPR 2 et près de 2 GW de SMR). Mais compte tenu des nombreuses fermetures de réacteurs d’ancienne génération, la puissance nucléaire en service en 2050 serait d’environ 28 GW, contre 61,4 GW en 2021. Même dans le scénario le plus favorable au nucléaire, la puissance en service en 2050 (51 GW) resterait nettement inférieure au niveau actuel.

Après avoir augmenté de 8% en 2021 et dépassé leurs niveaux de 2019, les revenus des acteurs de la maintenance nucléaire resteront bien orientés à moyen terme au rythme de 6% en moyenne par an d’ici 2025 . Ils profiteront notamment de la poursuite du « Grand Carénage » et de la relance des investissements dans la filière. La volonté de faire fonctionner la plupart des réacteurs jusqu’à 60 ans représente un défi technologique et industriel considérable, mais contribuera à remplir les carnets de commandes des spécialistes de la maintenance nucléaire. La prolongation des durées d’exploitation et la construction des EPR 2 profiteront également aux entreprises d’ingénierie. Le chiffre d’affaires de notre panel d’acteurs intervenant sur ce segment progressera de 8% en moyenne par an d’ici 2025.

 

Une filière sous tension

Le retour en grâce de l’atome n’est pourtant pas gravé dans le marbre. De fait, les acteurs de la filière dépendent en très grande partie des décisions politiques, qui ont beaucoup variées ces dernières années et sont toujours susceptibles de changer. A titre d’exemple, la PPE publiée en 2019 prévoyait de ramener la part du nucléaire à 50% de la production électrique en 2035 grâce à la fermeture de 14 réacteurs (dont ceux de Fessenheim). Mais cette trajectoire a été abandonnée officiellement au début de cette année. Et si le risque d’une alternance politique défavorable au nucléaire apparaît actuellement faible, il est très difficile de se prononcer à moyen terme. L’arrivée au pouvoir à un horizon relativement court, par exemple 2032, d’un gouvernement opposé au programme actuel de relance du nucléaire est loin d’être impossible. Ce risque sera plus ou moins important selon l’évolution de la compétitivité du nucléaire (coûts des EnR et des solutions d’équilibrage du réseau, mise en service de l’EPR de Flamanville, évolution du premier chantier d’EPR 2, succès éventuels de premiers SMR, etc.) et des besoins en électricité (devant augmenter très fortement dans les prochaines années).

L’avenir de la filière se joue également au niveau européen avec deux dossiers majeurs : la taxonomie verte ainsi que la réforme du mécanisme de l’Arenh (Accès régulé à l’énergie nucléaire historique) et d’EDF, l’unique exploitant du parc nucléaire français et le seul porteur de projets de nouvelles centrales. Le nucléaire a été reconnu début 2022 comme énergie de transition dans la taxonomie verte. Cela devrait faciliter le recours aux financements privés. En revanche, la réforme de l’Arenh, qui doit obtenir le feu vert de Bruxelles, est toujours au point mort. La Commission européenne a conditionné son accord à des concessions importantes sur la réforme d’EDF (notamment une séparation stricte entre les activités nucléaires et hydrauliques d’un côté et les activités concurrentielles regroupées dans un EDF « vert » de l’autre). L’État français lui a opposé un refus, gelant de facto les négociations dès lors repoussées après les élections présidentielles.

 

De la fission à la fusion ?

Portés par des acteurs publics et des start-up, de plus en plus de réacteurs nucléaires de 4e génération sont en développement dans le monde, notamment sous la forme de SMR. Les technologies à neutrons rapides, à sels fondus et à haute température sont les plus avancées Au-delà, c’est la fusion, considérée comme le Graal des technologies du nucléaire, qui attire tous les regards. La promesse d’une énergie abondante, sûre, bas carbone et sans déchets de haute activité fait rêver États et investisseurs. Longtemps l’apanage d’initiatives publiques, cette technologie est désormais développée par un nombre croissant de start-up (au moins une trentaine fin 2021). En Europe, l’Allemand Marvel Energy, associée notamment à Siemens et Thales, est la première start-up continentale à avoir levé des fonds significatifs (35 millions d’euros en février 2022). En France, en dehors des acteurs publics, les espoirs se concentrent aujourd’hui sur la jeune pousse Renaissance Fusion qui travaille sur une technologie alternative, le stellarator. Elle devrait bénéficier du plan France 2030 et ambitionne rien de moins qu’un premier réacteur de 1 GW avant 2035.

 

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Quels scénarios d’évolution à l’horizon 2025 -2050 et grands drivers pour les acteurs ? Quelles stratégies d’ajustement ?

Collaborateur de Xerfi depuis 2012 et aujourd'hui directeur d'études, Pierre Paturel est expert énergie et environnement et spécialiste de l'automobile. Il intervient également dans la rédaction de la note Xerfi Prévisis. Pierre Paturel est titulaire d’un master en intelligence économique de l’Université Lyon III.



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Le renouveau de la filière nucléaire française

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