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AVIS D'EXPERT

La crise du Covid-19, un tremplin hors norme pour les marchés de la téléconsultation

Trois questions à Alexandre Boulegue

Publié le 11 Décembre 2020
D’après l’étude La révolution des marchés de la téléconsultation

Est-ce que la crise sanitaire de la COVID-19 a accéléré le développement de la téléconsultation ?

Dire que la crise sanitaire du Covid-19 a été un véritable accélérateur pour le marché de la téléconsultation en France est un doux euphémisme. Les chiffres sont à cet égard éloquents. Fin avril, plus du quart des consultations ont été réalisées à distance (en vidéo ou par téléphone), représentant ainsi 3,7 millions de téléconsultations remboursées par l’assurance maladie (contre 660 000 en mars 2020). Et près de la moitié des médecins libéraux s’étaient convertis à la pratique de la téléconsultation mi-avril (2% début mars 2020). Quant aux plateformes privées, Doctolib en tête, elles ont rallié les deux-tiers des nouveaux médecins téléconsultants selon les calculs des experts de Xerfi Precepta. Cette rupture brutale a été favorisée par l’assouplissement du remboursement de la pratique pour accompagner le confinement de la population (prise en charge à 100% contre 70% auparavant, suppression de la conditionnalité du parcours de soins, nouvelles modalités…). Dans ces conditions, la fréquence d’actes remboursés par l’assurance maladie a été multipliée par 100 en quelques semaines, passant de 10 000 actes hebdomadaires avant le début de la catastrophe sanitaire à 1 million au pic de l’épidémie. Il reste maintenant à transformer l’essai. Et les perspectives s’annoncent plutôt prometteuses. Déjà, les premiers retours d’expérience montrent que la pratique devrait s’inscrire dans la durée chez les médecins et les patients. Pour réaliser leur scénario prévisionnel et identifier les segments les plus prometteurs, nous avons réalisé une analyse croisée selon les catégories d’offre et les champs des prestations.  Il en ressort que les débouchés les plus solvables et donc à plus fort potentiel sont liés aux activités de téléconsultation programmée au cœur d’objectif de prise en charge par l’assurance maladie dans le cadre du parcours de soins. Les solutions payantes de cabinets médicaux virtuels pour professionnels de santé et celles de stations mobiles de téléconsultation pour structures de soins et acteurs du télésoin (pharmaciens, infirmiers) disposent ainsi respectivement d’un potentiel de marché d’environ 45 millions et 35 millions d’euros d’ici 2021. D’autres débouchés sont également à fort potentiel de diffusion, à condition de lever plusieurs incertitudes (solvabilisation, réorganisation des chaînes de soins ou tout simplement incapacité à lever durablement les obstacles à l’adoption de la part des patients utilisateurs finaux). Il s’agit en l’occurrence des services de téléconsultation/téléconseil médical à la demande via une plateforme en ligne et des cabinets fixes de téléconsultation avec un potentiel de marché de respectivement 25 millions et environ 7 millions d’euros d’ici 2021.

 

Peut-on s'attendre à une intensification de la concurrence ?

En avril 2020, plus de 200 solutions se disputaient le marché des services de téléconsultation et téléconseil médical en France, dont une cinquantaine de start-up spécialisées en quête de financements. Certaines d’entre elles disposent déjà de moyens financiers conséquents grâce à des prises de participation de grands groupes. Qare et MesDocteurs sont ainsi adossés à des leaders de l’assurance, MédecinDirect au géant américain de la téléconsultation Teladoc Health, Exelus et Omedys aux groupes de maisons de retraite Orpéa et Korian. De grands groupes occupent en effet d’ores et déjà les premiers rôles dans l’activité à travers des solutions développées en propre ou des prises de participation/contrôle au capital de start-up spécialisées. Le panel d’acteurs est large : spécialistes étrangers, éditeurs de logiciels santé, géants de l’assurance, groupes d’établissements privés... La brique téléconsultation est en effet perçue comme stratégique dans la perspective d’évolution d’une multitude de métiers à la croisée des pratiques des praticiens et des parcours de soins des patients. Cette hyper-croissance du marché n’est pourtant pas exempte de risques. Les quelque 200 fournisseurs de solutions sont en effet passés d’une situation de sous-usage à celle de gestion des débordements. Dans le même temps, ils doivent faire des choix structurels dans un environnement nouveau et encore instable. Si la fenêtre hors norme qui s’est ouverte pour le recrutement d’utilisateurs a confirmé la force de frappe de Doctolib, ce constat doit être nuancé. Car les deux grandes logiques qui s’affrontent  – intermédiation vs services à la demande – ne s’appuient pas sur les mêmes ressorts. En outre, la percée de modèles autogérés par les acteurs de santé (médecins, groupes d’établissements privés) et de solutions intégrées développées par des start-up axées sur le télésuivi et la télésurveillance médicale vont recomposer le jeu concurrentiel.

 

Quel avenir pour les plateformes de téléconsultation ?

Face à l’intensification de la compétition autour du recrutement d’utilisateurs, la plupart des plateformes se sont aligné sur le principe de gratuité temporaire d’accès à leurs services pour les médecins. Ce qui a surtout fait le jeu de celles déjà implantées dans les cabinets médicaux et proposant en temps normal les abonnements les plus coûteux, Doctolib en tête. Cette course au recrutement s’accompagne en général d’une seconde course aux fonctionnalités. Les champs de besoins à adresser sont en effet très variés (accompagnement des patients, des professionnels de santé et aussi des entreprises dans le cadre de modèles BtoBtoC). Certaines plateformes spécialisées (Qare, Consulib...) prennent ainsi le parti de s’attaquer frontalement aux modèles des éditeurs avec des solutions de substitution dotées des fonctionnalités nécessaires à la gestion complète d’un cabinet. Si la crise du Covid-19 marque un tournant décisif en matière de développement de permanences de soins à l’échelon local, peu d’acteurs semblent en mesure d’apporter les solutions techniques nécessaires à leur mise en place (logiciels capables de bien prendre en compte les coordinations professionnelles et le suivi des patients, voire la téléexpertise). Face à la crise sanitaire, les plateformes ont dû revoir très rapidement leurs process de soutien technique mais aussi adapter leurs dispositifs à un cadre réglementaire temporairement assoupli. La suspension des conditions de respect du parcours de soins coordonné a poussé nombre d’opérateurs à revoir leurs plans, au risque de fragiliser la cohérence des stratégies adoptées précédemment.

Alexandre Boulègue est directeur du bureau d’études Xerfi France, qui produit chaque année plus de 500 études sur la conjoncture et les performances des entreprises de l’ensemble des secteurs de l’économie française. Il est également rédacteur en chef de la lettre d’information mensuelle sur la conjoncture Xerfi Previsis.

EN SAVOIR PLUS SUR CE SUJET AVEC L’ÉTUDE XERFI PRECEPTA

La révolution des marchés de la téléconsultation Impacts de la crise sanitaire, stratégies d’adaptation des acteurs et enjeux prospectifs
25/05/2020 | 211 pages - réf : PTAX / 20SME86 2800€



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