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Les Foodtech toujours plus courtisées par les investisseurs

AVIS D'EXPERT | Alexandre Boulegue | Publié le 09 Février 2021

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Avec la crise, l’appétit des investisseurs pour les foodtech se confirme

La crise a redonné de l’élan aux foodtech. L’appétit des investisseurs pour le secteur est en effet resté vif puisque ces entreprises ont levé en France près de 150 millions d’euros en 2020 (+45%) pour 37 deals (contre 23 en 2019). Toutefois, le ticket moyen a diminué de 0,5 million d’une année sur l’autre, à 4 millions d’euros. Si les grandes gagnantes de la crise sanitaire ont été les plateformes de livraison de commerces de proximité (Epicery, Glovo…) et celles de circuits courts (La Ruche qui dit Oui !, …), les plateformes de réservation de restaurants (La Fourchette…) et les foodtech spécialisées dans le social dining (Eatwith…) en ont fait les frais. Les premières ont en effet pâti des fermetures à répétition des restaurants et les secondes des restrictions de déplacement. Les applications anti-gaspillage (Optimiam, Too Good To Go…) et de notation nutritionnelle (Yuka, Scan Up…) ont, elles, été très peu affectées.

  

Des acteurs qui peinent à être rentables

Si la crise a globalement profité au secteur, près d’un quart des foodtech actives en France en 2016 avait mis la clé sous la porte en décembre 2020. Les acteurs, y compris les leaders internationaux de la livraison de repas de restaurants comme Just Eat Takeaway ou Uber Eats, peinent en effet à être rentables. Pour atteindre cette rentabilité, ils actionnent plusieurs leviers. D’abord fidéliser les nouveaux clients recrutés pendant les périodes de confinement, ce qui nécéssitera d’innover et d’aparter l’offre au nouveau contexte. Ensuite, améliorer l’efficacité opérationnelle et la logistique, grâce à des outils technologiques performants, mais aussi composer avec les limites de la livraison externalisée en adoptant une logique plus socio-responsable, les conditions de travail des livreurs micro-entrepreneurs étant de plus en plus décriées. Enfin, les acteurs devront également s’inscrire dans une démarche davantage partenariale avec les autres opérateurs de leur écosystème (restaurants, industriels, producteurs, distributeurs, etc.).

 

 

Les investisseurs à la manœuvre

La croissance des foodtech est largement soutenue par l’engouement des investisseurs. Encore soutenus en 2021, les investissements, devraient porter en priorité sur les segments encore en phase de développement et moins sur les segments historiques aujourd’hui matures, food delivery en tête. Malgré une demande en hausse, ce dernier sera pénalisé par la frilosité d’un nombre croissant de restaurants à recourir aux services de livraison en raison des commissions jugées trop élevées. Le segment de la restauration virtuelle restera lui très dynamique d’ici 2023 grâce à une demande soutenue et à l’augmentation de l’offre. Face à la demande croissante et accélérée par la crise en matière de proximité alimentaire, les marketplaces alimentaires et les plateformes de circuits courts sont, pour leur part, idéalement positionnées pour les trois prochaines années.

Dans le même temps, les incursions de nouveaux investisseurs industriels (distributeurs, géants de l’internet, restauration collective, industrie agroalimentaire) vont se poursuivre. Grâce aux synergies opérationnelles et financières dégagées, ces derniers financeront les foodtech pour s’ouvrir de nouveaux relais de croissance. C’est ainsi que le groupe Carrefour affiche de sérieuses ambitions dans ce domaine avec de multiples rachats de start-up (Dejbox et Potager City en 2020 entre autres) et d’alliances nouées avec les leaders internationaux (Uber Eats l’an dernier). Quant à Amazon, déjà présent au capital de Deliveroo et partenaire de Casino, il a toutes les cartes en main pour s’immiscer dans le e-commerce alimentaire hexagonal en général, et la foodtech en particulier.

Si les levées de fonds sont essentielles au développement des foodtech, gourmand en capitaux, d’autres voies sont également possibles :  introduction en Bourse, adossement à un industriel et fusion-acquisition avec une autre foodtech. Mais compte tenu de la difficulté à atteindre la rentabilité, il ne faut pas exclure plusieurs disparitions ces prochaines années, à l’image des fermetures de Foodora et Take Eat Easy en France. C’est bien le signe que la taille n’est pas un gage de pérennité à long terme.  Dans ce contexte, les méga-fusions seront d’actualité, comme celles intervenues à l’échelle mondiale en 2020 entre Just Eat et Take Away, Just Eat Take Away et GrubHub ou encore Uber Eats et Postmates.

POUR APPROFONDIR LE SUJET
La dynamique et les stratégies post-crise des Foodtechs

Perspectives par segment à l’horizon 2023 et évolutions du jeu concurrentiel à moyen terme

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Alexandre Boulègue est directeur du bureau d’études Xerfi Publishing, qui produit chaque année plus de 1000 études sur la conjoncture et les performances des entreprises de l’ensemble des secteurs de l’économie française. Il est également rédacteur en chef de la lettre d’information mensuelle sur la conjoncture Xerfi Previsis.

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