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AVIS D'EXPERT

« La démocratisation des actes médicaux et chirurgicaux à visée esthétique, une tendance lourde »

Trois questions à Diane Michaud

Publié le 02 Octobre 2020
D’après l’étude Les perspectives du marché de la médecine et de la chirurgie esthétiques à l'horizon 2023

Quel  sera l’impact de la crise sanitaire sur le marché français de la médecine et de la chirurgie esthétique en France ?

Nous anticipons une récupération rapide de l’activité des médecins et chirurgiens esthétiques en France, après le coup d’arrêt observé en mars, avril et mai 2020, qui sera peu à peu compensé jusqu’en 2021. Cette hypothèse (en date du 20 avril 2020) nous a conduits à réviser drastiquement à la baisse notre scénario initial. Nous tablons désormais sur un taux de croissance annuel moyen de 1,1% entre 2019 et 2023 (contre 2,2% précédemment) du marché de la médecine et de la chirurgie esthétique. Autrement dit, nous estimons qu’il faudra attendre fin 2021 pour un retour à la normale de l’activité des praticiens. Pour autant, ce marché figure parmi les filières relativement préservées de la crise sanitaire dans l’Hexagone. Il restera en effet porté par des facteurs démographiques et socioculturels favorables, en dépit des tensions sur le pouvoir d’achat. Dans le détail, nous prévoyons une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 1% des actes chirurgicaux et de près de 2% des traitements non invasifs entre 2019 et 2023. Le marché pèsera alors 1,44 milliard d’euros en 2023 dont 1,27 milliard pour la seule chirurgie esthétique. Compte tenu de leur plus grande attractivité tarifaire et de leur caractère non invasif, les actes de médecine esthétique brilleront par leur dynamisme d’ici 2023. D’un côté, la démocratisation des appareils à visée esthétique (lasers, IPL, ultrasons, radiofréquences, etc.) contribuera à stimuler la demande. De l’autre, de plus en plus de dermatologues et médecins généralistes proposeront des soins de médecine esthétique pour accroître leurs revenus grâce à ces consultations pour lesquelles les tarifs sont libres. Sur le segment de la chirurgie, la croissance du nombre d’actes réalisés restera bridée par la faible hausse du nombre de chirurgiens plastiques diplômés chaque année et par la défiance des Français quant aux risques sanitaires liés à certaines opérations. En outre, la montée en gamme des cliniques basées à l’étranger accélérera la fuite d’une partie de la patientèle vers ces établissements. En résumé, la démocratisation des actes médicaux et chirurgicaux à visée esthétique est une tendance lourde.

 

Quelles sont les réponses apportées par les professionnels aux grandes mutations du marché ?

Le durcissement de la réglementation appliquée aux dispositifs médicaux oblige les industriels à innover et revoir la composition ou le fonctionnement de leurs produits. C’est un défi majeur pour les fabricants d’implants mammaires, dont 13 modèles ont été retirés du marché français courant 2019. Les praticiens sont aussi exposés à la concurrence des instituts de beauté, dont le champ de compétences empiète de plus en plus sur leur métier. Début 2020, une décision de justice a notamment approuvé la pratique de l’épilation définitive par la lumière pulsée dans ces instituts. Pour répondre aux mutations du marché et développer leur activité, les fabricants de produits injectables et d’équipements consentent d’importants efforts de R&D. Les lancements de nouveaux produits sont en effet l’occasion de convertir de nouveaux patients et de fidéliser les autres. Bien qu’encore marginal, le tourisme médical a un impact direct sur la demande d’actes de médecine et de chirurgie esthétique dans l’Hexagone. Si certains Français se rendent à l’étranger pour profiter de tarifs plus avantageux, des patients étrangers font le chemin inverse pour bénéficier de l’expertise des établissements de soins tricolores. Par ailleurs, les praticiens et les établissements de soins font d’importants efforts de communication pour accroître leur notoriété et conquérir de nouveaux patients, à l’image de la Clinique des Champs Élysées passée maître dans l’utilisation des réseaux sociaux pour promouvoir ses interventions.

 

Quelles sont les forces en présence sur ce marché ?

Le marché français de l’esthétique médicale et chirurgicale rassemble deux types d’acteurs : les fabricants en amont et les praticiens réalisant les actes à visée esthétique en aval. Ces derniers font l’intermédiaire entre les fabricants et les patients. La plupart des fournisseurs de consommables et d’équipements pour la médecine et la chirurgie esthétique sont spécialisés sur un segment d’activité (produits injectables de comblement de rides, équipements à base d’énergie comme les lasers ou les appareils de cryolipolyse, ou prothèses mammaires). Seule une poignée d’acteurs intervient dans plusieurs de ces domaines. C’est notamment le cas du géant pharmaceutique Allergan, présent sur les trois segments, et de Merz Aesthetics, qui fabrique des produits injectables de comblement et des équipements esthétiques. Dans l’ensemble, les fabricants s’adressent aux praticiens spécialisés dans l’esthétique (chirurgiens, médecins, dermatologues, dentistes, etc.) mais également aux instituts de beauté et, à la marge, aux particuliers. Concernant les approvisionnements en dispositifs médicaux usuels (pansements, gants, aiguilles, seringues, bistouris…), les praticiens s’approvisionnent auprès de fournisseurs de dispositif médiaux usuels. Les fabricants de produits injectables de comblement de rides présents en France sont pour la plupart des groupes européens de pays limitrophes tels que l’Allemagne et l’Italie. Si la France compte quelques acteurs dans ce domaine, elle se distingue surtout par son tissu industriel en matière de production de prothèses mammaires avec entre autres la présence des Laboratoires Sebbin, Allergan et Arion sur son territoire. Du côté des équipements esthétiques à base d’énergie, le segment est dominé par des acteurs étrangers non-européens. L’Hexagone compte 25 cliniques esthétiques, proposant une large gamme d’interventions réalisées par des praticiens qui leur sont rattachés ou par des chirurgiens extérieurs venant profiter de leur bloc opératoire. Des centres de médecine esthétique sont installés dans la plupart des grandes agglomérations françaises, dont de nombreux établissements spécialisés dans les soins par laser (traitement de la peau et épilation définitive).

Collaboratrice de Xerfi depuis 2017 et aujourd'hui chargée d'études Senior, Diane Michaud est experte sur les sujets de santé et de services aux ménages. Elle a suivi une classe préparatoire à l'ENS Cachan pour valider ensuite une licence d'éco-gestion et un master en économie à l'université de Franche-Comté (UFR SJEPG).

EN SAVOIR PLUS SUR CE SUJET AVEC L’ÉTUDE XERFI PRECEPTA

Les perspectives du marché de la médecine et de la chirurgie esthétiques à l'horizon 2023 Crise du Covid-19, concurrence protéiforme, bouleversements réglementaires : quelles perspectives et opportunités ?
11/05/2020 | 171 pages - réf : XR / 20SME55 1800€



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