Le marché des lunettes et, plus largement, le secteur de l’optique restent solides malgré des vents contraires. Après deux années de croissance soutenue, la France conserve son rang de premier marché européen pour les lunettes correctrices, les montures et les verres ophtalmiques. En revanche, le modèle économique des opticiens est sous tension. Les mesures publiques de régulation, l’encadrement des remboursements et la concurrence accrue pèsent sur les marges du marché des lunettes. Notre scénario central reste celui d’une croissance modeste, à condition que le cadre réglementaire demeure stable. À l’inverse, la filière pourrait connaître un choc de rentabilité si les pouvoirs publics décidaient d’allonger les délais de renouvellement ou d’encadrer plus strictement les marges des professionnels.
Les priorités pour les opticiens se concentrent aujourd’hui sur des segments directement solvabilisés du marché des lunettes, comme la myopie de l’enfant, la téléophtalmologie, l’audio ou l’optique adaptée aux publics fragiles. Les lunettes connectées, en revanche, ne sont pas encore intégrées à ces logiques de remboursement et ne constituent pas un maillon reconnu du parcours de santé visuelle.
Miser sur la freination de la myopie de l’enfant
Plusieurs relais de croissance se dessinent clairement pour les opticiens. Désormais reconnue et partiellement remboursée, la freination de la myopie chez l’enfant ouvre un segment à forte valeur ajoutée et renforce le rôle de l’opticien dans la prévention et l’expertise médicale. L’optique hors les murs – à domicile, en Ehpad ou en entreprise – répond également à des besoins croissants en accessibilité, en inclusion et en proximité, avec un potentiel encore sous-exploité, notamment pour les lunettes correctrices destinées aux publics fragiles.
Les opticiens peuvent également investir la téléophtalmologie pour fluidifier les parcours de soin et dynamiser la fréquentation en magasin, un atout stratégique dans un marché de plus en plus concurrentiel. Quant à l’optique sportive et au segment premium, ils représentent des sources de différenciation et de marge sur le marché des lunettes haut de gamme. Sans oublier le reconditionné, désormais éligible au remboursement, qui amorce un marché vertueux tant sur le plan économique qu’environnemental.
Enfin, la diversification vers l’audioprothèse constitue un relais de croissance majeur. Elle renforce le lien avec la clientèle senior, élargit l’offre santé et consolide le positionnement global du point de vente au sein du marché des lunettes et de l’audition.
De multiples concurrents en embuscade
Les opticiens doivent toutefois veiller aux nouvelles formes de concurrence qui redessinent le marché des lunettes en France. Les groupes intégrés comme EssilorLuxottica réorganisent la chaîne de valeur, combinant production, distribution et marques. Les grandes enseignes généralistes, comme les GSA ou La Poste, investissent aussi le champ de la santé visuelle avec des offres simplifiées, susceptibles de capter une partie de la demande en lunettes correctrices à bas coût.
Parallèlement, des marques verticales nées en ligne, à l’image de Jimmy Fairly, maîtrisent parfaitement la communication digitale, le design et l’expérience omnicanale. Elles séduisent un public plus jeune et plus sensible au prix, tout en bousculant les codes traditionnels du marché des lunettes.
La véritable menace, à court terme, ne vient pas directement des Gafam mais du contrôle du parcours patient. Les plateformes de santé et de prise de rendez-vous, qui détiennent la relation initiale avec le consommateur, sont susceptibles de devenir des intermédiaires déterminants entre le patient et le magasin. En prenant place au début du parcours visuel, elles pourraient réorienter une partie du trafic et redéfinir les équilibres du marché des lunettes.
FAQ – Marché des lunettes : questions les plus recherchées
Qu’est-ce que le marché des lunettes en France ?
Le marché des lunettes regroupe l’ensemble des ventes de montures, verres correcteurs, lunettes de soleil, équipements premium, solutions pour la myopie de l’enfant et services associés. Il s’appuie sur un réseau dense d’opticiens, de fabricants, de marques et de plateformes de santé. La France est le premier marché européen de l’optique en volume et en valeur.
Quels sont les principaux moteurs de croissance du marché des lunettes ?
Les dynamiques les plus porteuses sont :
- la progression de la myopie infantile ;
- le vieillissement de la population ;
- l’essor de l’optique premium et sportive ;
- la montée du reconditionné ;
- le développement de services comme la téléophtalmologie ou l’optique à domicile.
Ces segments renforcent la valeur ajoutée du point de vente et soutiennent la croissance.
Pourquoi le marché des lunettes est-il sous tension ?
La filière est confrontée à :
- un renforcement du cadre réglementaire ;
- un encadrement des remboursements ;
- une intensification de la concurrence (grandes enseignes, DNVB, plateformes numériques) ;
- un risque de baisse de rentabilité si les délais de renouvellement des équipements sont allongés.
Ces facteurs pèsent directement sur les marges des opticiens.
Les lunettes connectées vont-elles transformer le marché ?
À court terme, non. Les lunettes connectées restent peu diffusées, non remboursées et encore éloignées du parcours de santé visuelle. Elles n’ont pas encore trouvé leur modèle économique dans le marché des lunettes. Leur adoption dépendra de leur utilité réelle, de leur ergonomie et de leur intégration dans l’écosystème médical.
Le reconditionné va-t-il vraiment s’imposer dans le marché des lunettes ?
Oui, le reconditionné gagne en légitimité depuis son ouverture au remboursement. Il répond à la demande de produits plus abordables et plus durables. Ce segment pourrait devenir un pilier de l’économie circulaire au sein du marché des lunettes, notamment sur les montures.














