L’utilisation des pièces de réemploi gagne du terrain dans la réparation automobile, soutenue par des incitations législatives et économiques. Pourtant, malgré une progression notable, leur adoption reste freinée par des obstacles tels que la disponibilité des pièces, la méfiance des consommateurs ou encore les défis logistiques. Alors que pouvoirs publics, assureurs et acteurs de la filière misent sur ce marché pour réduire coûts et impact environnemental, son déploiement se heurte à des défis structurels majeurs.
L’utilisation de pièces de réemploi s’est nettement développée ces dernières années. La part des pièces de seconde main dans le total des pièces de rechange utilisées pour la réparation des véhicules particuliers et des véhicules utilitaires légers est ainsi passée de 3% en 2019 à 5,3% au cours du 1er semestre 2024, selon les données de l'association sécurité et réparation automobiles (SRA). Cette proportion atteint 7,5% pour les interventions sur les véhicules âgés de 5 ans et plus. L’essor de la seconde main sur le marché de la réparation automobile s’est surtout accéléré en 2021 en raison des difficultés d’approvisionnement en pièces détachées. Plus largement, le développement de l’offre de pièces de réemploi et la propension croissante des consommateurs à se tourner vers la seconde main contribue aussi à soutenir l’essor de ce marché. Le réemploi est un puissant levier pour réduire la facture des réparations sur les véhicules.
Pouvoirs publics et assurances poussent en faveur de la seconde main
Afin de favoriser le recours aux pièces de rechange reconditionnées, la loi impose aux garagistes d’informer leurs clients sur la possibilité d’utiliser des pièces de réemploi pour réparer leur voiture depuis 2017. Cette obligation porte sur les pièces de carrosserie amovibles, de garnissage intérieur et sellerie, de vitrage non collé, les pièces optiques, mécaniques et électroniques. De leur côté, les assurances ont tout intérêt à voir cette filière se développer pour limiter leurs frais d’indemnisation. Cela se traduit pour le moment par des campagnes de sensibilisation auprès de leurs assurés et/ou sociétaires. Certaines vont plus loin et se sont fixé des objectifs en termes de taux d’usage des pièces de réemploi à atteindre dans le cadre des réparations prises en charge.
La filière du réemploi se structure et mise sur le e-commerce
Les pièces automobiles de seconde main sont fournies par les quelques 1 600 centres de traitement des véhicules hors d’usage (VHU) agréés par l’Etat (les casses automobiles). Pour faciliter la mise en relation entre l’offre et la demande, plusieurs marketplaces spécialisées dans les pièces de réemploi ont émergé ces dernières années, à l’image entre autres d’Opisto (96 M€ de CA en 2023), FRPA, Valused ou encore Ovoko. Back2car (53 M€ de CA en 2023), la filiale spécialisée dans les pièces de réemploi d’Alliance Automotiv Group, dispose quant à elle de cinq centres de traitement de VHU. Ils lui permettent d’approvisionner les MRA de ses différents réseaux (Top Garage, Précisium, etc.). Depuis 2022, son offre en ligne est également accessible aux particuliers.













