Avis d'expert27 mars 2023

Les circuits courts n’ont plus la cote - 2023

Matteo Neri

Matteo Neri

Directeur d'études

Les circuits courts n’ont plus la cote

La crise sanitaire avait donné des ailes aux circuits courts alimentaire. Depuis, le retour de bâton a été sévère (baisse de la fréquentation des magasins de producteurs, recul des revenus des structures de vente à la ferme, non-renouvellement des adhésions pour certaines AMAP ou écrémage des structures). En réalité, la donne a changé dès 2021 sous l’effet du retour des consommateurs vers les circuits traditionnels, d’une offre pléthorique et du surinvestissement de certains acteurs. L’inflation et la crise du pouvoir d’achat ont fait le reste.

Côté demande, les consommateurs acquis aux achats en circuits courts pendant les premiers mois de la crise sanitaire sont en majorité retournés vers les circuits traditionnels. Moins militants que les habitués de la première heure, cette « clientèle Covid » a sans doute jugé le modèle trop contraignant. Côté offre, la multiplication des points de vente en circuits courts pendant la crise a considérablement accru la concurrence entre les structures. C’est d’autant plus vrai que, dans le même temps, l’offre de produits régionaux explosait dans la grande distribution et les magasins bio. En parallèle, de nombreux opérateurs ont surinvesti (embauches, équipements) pour répondre à des perspectives de croissance qui se sont révélées trop optimistes. Il n’en fallait pas plus pour fragiliser les structures dans un contexte de baisse de la demande et d’augmentation des charges. Le nombre de drives fermiers a par exemple été divisé par trois en deux ans.

L’inflation, une deuxième lame de fond

Avec l’inflation et la crise du pouvoir d’achat, une deuxième lame de fond s'est abattue sur les circuits courts. Nombre d’indicateurs témoignent en effet d’une baisse de la fréquentation et des achats en circuits courts ces derniers mois. Le baromètre de la place de marché pourdebon.com a ainsi fait état en juin 2022 d’un recul de quatre points du nombre de consommateurs réalisant des achats en circuits courts au moins une fois par mois par rapport à 2021. Dans la même veine, la normalisation de la situation sanitaire et le retour de l’inflation ont fait plonger le trafic des plateformes d'intermédiation spécialisées dans les circuits courts. Certains sites ont même fermé leurs portes ces derniers mois à l’image de coopcorico.fr, Okadran.fr, ou encore Peligourmet.com.Un peu comme si les consommateurs avaient remis le critère « prix » sur le devant de la scène, au détriment de la qualité et d’autres critères de responsabilité. Et malgré les promesses des producteurs de limiter les hausses de prix, cela n’a pas permis d’enrayer l’érosion de la clientèle qui s’est tournée vers des produits moins coûteux. Dans ces conditions, la nouvelle hausse de l’inflation en 2023 va forcément peser encore un peu plus sur l’activité des circuits courts.

Audience des plateformes de circuits-courts

Notre étude complète pour aller loin

Le marché des produits alimentaires locaux et régionaux à l'horizon 2027

Transformer le local en un modèle économique pérenne et crédible

179 pages
FR
3 300 €HT
Matteo Neri

Matteo Neri

Directeur d'études

Matteo Neri analyse les filières alimentaires sur toute la chaîne de valeur. Il combine économie et socio-démographie, pilote la veille agroalimentaire et mène études stratégiques et prospectives.

Consulter le profil LinkedIn

Ces articles peuvent également vous intéresser

Découvrir les solutions Xerfi

Image
Plateforme XERFI

Exploitez tout le corpus Xerfi pour générer, par simple prompt, des études de marché, analyses concurrentielles et notes stratégiques.

Image
Publications

Des études qui vous apportent les données, les outils et les perspectives nécessaires pour orienter chaque décision.

Image
Études ad hoc

Des experts qui élaborent avec vous des solutions sur mesure, pensées pour relever vos défis spécifiques.