Occasion : un potentiel de croissance important
Les biens de seconde main sont partout. Il est vrai que le contexte est porteur entre les pressions sur le pouvoir d’achat ou encore la diffusion de l’occasion dans les rayons et sur les sites de e-commerce des détaillants traditionnels. Le succès de Leboncoin et plus récemment de Vinted dans la mode d’occasion ou encore de Back Market dans les produits reconditionnés ont en effet décomplexé et banalisé l’achat de biens d’occasion, avant tout motivé par la perspective de réaliser des économies mais aussi l’ambition de réduire son empreinte carbone. Dans ces conditions, le marché de l’occasion dispose encore d’un potentiel de croissance. La grande variété des produits vendus et des modèles d’affaires possibles (achat-revente, simple intermédiation ou tiers de confiance…) explique la multitude de circuits concernés (acteurs de l’économie sociale et solidaire, brocantes, enseignes d’achat/dépôt vente, enseignes de produits neufs, marketplaces…).
La seconde main n’est pas toujours un eldorado pour les enseignes
Si aucun produit n’échappe au phénomène de l’occasion, sa diffusion dans les enseignes de produits neufs est variable. Là où les géants de la grande distribution accélèrent le déploiement de corners d’achat-revente, à l’image d’E. Leclerc Occasion ou Carrefour Occasion et que les groupes de luxe se sont convertis à l'authentification, la revente ou l’upcycling, d’autres comme JouéClub ou King Jouet s’y mettent tout juste. Certes, les stratégies « premiers prix » se révèlent pertinentes à l’heure de l’inflation galopante et de l’engouement des consommateurs pour la seconde main. Pourtant, compte tenu de l’existence d’importantes barrières à l’entrée sur certains segments, de possibles difficultés d’approvisionnement et de l’intensité de la concurrence, la seconde main n’est pas forcément un eldorado pour les enseignes du neuf. Les segments de l’ameublement et de la mode de seconde main sont aujourd’hui verrouillés respectivement par Leboncoin et Vinted. La perspective de gagner des parts de marché sur ces marchés semble donc limitée pour les enseignes traditionnelles. Se lancer dans la seconde main s’annonce un pari risqué sur les jeux et jouets ainsi que les vélos d’occasion. Les enseignes traditionnelles risquent de fait de se heurter à Leboncoin et dans une moindre mesure à Vinted, déjà incontournables sur ces marchés qui fonctionnent surtout par l’achat revente entre particuliers. Le jeu semble plus ouvert sur le segment des smartphones reconditionnés, au vu du prix des mobiles premium. Le potentiel de croissance est d’autant plus réel qu’aucun leader incontestable ne s’est encore imposé.














