Après plusieurs années de croissance effrénée portée par les ventes de vélos à assistance électrique (VAE), le marché du cycle est entré dans une phase de ralentissement très net. La hausse des ventes de VAE neufs a clairement marqué le pas, en France comme en Europe, et ne permet plus de compenser la chute du marché du vélo classique. Alors que la vague de primo équipement des Européens en VAE reflue, le vélo devient de plus en plus un marché de renouvellement. Dans ces conditions, les distributeurs adaptent leurs stratégies commerciales et développent, entre autres, des solutions de location.
La location de vélos électriques est en effet un premier relais de croissance pour les distributeurs, notamment la location courte durée. Destinée à satisfaire des besoins ponctuels, elle est particulièrement pertinente dans les localisations touristiques et les villes dépourvues de grands systèmes de vélos en libre-service. Au-delà des magasins de vélos, de grandes enseignes multisports, comme Décathlon, et des généralistes, comme Carrefour qui a lancé son offre en 2023, sont aussi offensifs en la matière, avec des tarifs très compétitifs.
Envisager la location de vélos longue durée
Mais c’est bien dans la location moyenne et longue durée ou LLD, (de trois mois à un an) que les distributeurs accélère. Elle se développe déjà sous l’effet de la généralisation des coûteux vélos électriques, de la familiarisation des consommateurs avec le leasing et de la crise inflationniste qui pèse sur le pouvoir d’achat. Les offres LLD permettent à la fois aux détaillants d’afficher des prix réduits (car mensuels), d’intégrer des prestations de services et de fidéliser des clients. Et cela concerne aussi bien les enseignes physiques que les spécialistes de la vente en ligne, comme AllTricks qui a lancé ses premières solutions de LLD en 2023.
Ce mode alternatif profite également du décollage de l’offre de vélos électriques de fonction et par la hausse du nombre de vélotafeurs. Le leasing est en effet de plus en plus adopté et proposé par les entreprises à leurs salariés. Le segment du vélo d’entreprise, ou vélo de fonction, est très dynamique. A tel point qu’il attire même les géants de la gestion de flottes automobiles, comme Arval et ALD qui ont tous deux lancé une offre dédiée et s’appuient sur des partenariats avec des start-up comme Azfalte. Les distributeurs doivent en effet composer avec la concurrence de spécialistes de la LLD de vélos, comme les Français Dance et Red-Will ou encore le leader européen du secteur, le Néerlandais Swapfiets.
… et le vélo en libre-service comme relais de croissance
Les systèmes de vélos en libre-service (VLS) sont désormais bien installés dans le paysage français. Certaines grandes villes profitent même d’un report de la demande depuis l’interdiction de circulation des trottinettes électriques comme à Paris (totale) ou à Marseille (partielle). La flotte de vélos présents dans la capitale a aussi plus que doublé en un an, passant de 8 000 à 17 000 vélos électriques. De plus, l’offre VLS continue de se déployer au sein de villes moyennes, notamment grâce au VLS en libre-service qui présente l’avantage d’être moins coûteux en création d’infrastructures spécifiques. Et le marché du vélo en libre-service, dominé en France par quelques grands acteurs, offre toujours des opportunités de croissance, notamment hors des grandes métropoles.














