Malgré la progression soutenue des salaires, le pouvoir d’achat s’est légèrement replié en 2022 et stagnera cette année. C’est l’inflation qui donne le tempo ainsi que les mesures d’accompagnement mises en place : bouclier tarifaire, ristournes à la pompe, suppression de la contribution à l’audiovisuel public, poursuite de baisse de la taxe d’habitation, relèvement du point d’indice dans la fonction publique, revalorisation des prestations sociales, triplement de la prime Partage de la valeur, etc. Ces mesures ont permis d’amortir le coup au second semestre 2022. Mais il y a un retour de balancier cette année, certaines de ces aides ayant été ponctuelles. Le marché du travail sera également moins bien orienté. Le rythme des créations nettes d’emplois dans le privé a été divisé par plus de 2 entre le 1er semestre 2022 et les 6 premiers mois de 2023. Plus inquiétant encore, l’emploi intérimaire est en recul depuis deux trimestres. Il faut donc s’attendre à des destructions d’emplois au cours des trimestres à venir compte tenu de la faiblesse des perspectives de croissance ce qui impactera les revenus des actifs. À mesure que le choc des prix perdra en intensité, le revenu réel des ménages devrait néanmoins se redresser, mais pas suffisamment pour déboucher sur de substantiels gains de pouvoir d’achat. Il ne faut en outre pas s’attendre à un quelconque coup de pouce de la part du gouvernement. La marge de manœuvre budgétaire de l’État s’est réduite avec la remontée des taux d’intérêt et la perspective de réactivation des règles budgétaires européennes en 2024.















