Comment les marchés de niche en assurance dommages ont-ils traversé la crise ?
Précisons en préambule que l’assurance affinitaire et les autres niches en dommages recouvrent une multitude de marchés (assurance voyages, assurance chasseurs, assurance loyers impayés, assurance scolaire…) dont le périmètre ne cesse de s’étendre au gré des lancements de nouvelles offres. Au total, nous avons retenu une dizaine de marchés phares qui devraient générer ensemble des cotisations supérieures à 2,5 milliards d’euros en 2020, soit une hausse annuelle de 3%. Ces marchés ont donc bien résisté alors que l’assurance dans son ensemble a été chahutée par la crise du Covid-19. Et les perspectives s’annoncent favorables d’ici 2022 avec une croissance d’au moins 5% par an en moyenne. Dans le détail, les marchés les plus dynamiques en cette période de post-crise seront ceux de l’assurance des nouvelles mobilités, portée par le boom des trottinettes électriques suite à la crise sanitaire, et de l’assurance des cyber risques. A l’inverse, l’assurance produits nomades, celles des voyages et des loyers impayés seront moins bien loties. Avec les changements de comportements et de mode de consommation des Français, induits par la crise, de nouvelles opportunités de développement sont susceptibles de s’ouvrir pour les assureurs. C’est ainsi que le basculement d’une partie des ventes des réseaux physiques vers Internet pourrait inciter les assureurs et les courtiers à enrichir leurs solutions destinées à sécuriser les ventes à distance. L’essor de nouvelles offres numériques, à l’image de l’assurance à la demande, soutiendra également les cotisations.
Quels sont les chantiers majeurs de la profession ?
Jusqu’ici, l’achat de l’assurance en même temps que le bien en magasin constituait le principal mode de distribution de l’assurance affinitaire. Suite à la crise, la plupart des acteurs ont adapté leur stratégie de distribution. Si, dans l’urgence, certains ont relancé la vente par téléphone, le basculement vers la souscription en ligne reste la solution à privilégier à moyen terme. Déjà, l’essor de l’assurance à la demande pour les voyages ou les smartphones illustre le mouvement de digitalisation de l’assurance affinitaire. Ces nouvelles offres doivent toutefois relever le défi de l’équilibre technique. Par ailleurs, si certains opérateurs privilégient l’innovation en interne pour se positionner sur l’assurance des NVEI, d’autres n’hésitent pas à miser sur la croissance externe pour répondre aux nouveaux besoins des clients mais aussi pour saisir des opportunités sur un marché en expansion.
Le paysage concurrentiel est-il susceptible d’évoluer sur ces marchés ?
Le marché de l’assurance affinitaire et des autres niches en dommages se compose d’un grand nombre d’acteurs : ceux des secteurs de la banque et de l’assurance mais également des opérateurs venus d’horizons divers (enseignes d’électrodomestiques, e-commerçants, grande distribution, télécoms…). Alors que les assureurs et les bancassureurs sont positionnés sur la conception des offres et le portage des risques, les courtiers d’assurance s’occupent eux de la gestion des contrats tandis que pratiquement tous les acteurs sont présents sur le terrain de la distribution (assureurs, mutuelles d’assurance, bancassureurs, courtiers et distributeurs non spécialistes de l’assurance). Au cours de la période récente, l’intensité concurrentielle est montée d’un cran dans la profession sous l’effet de l’arrivée de nouveaux entrants, notamment sur le front de la distribution. Des nouveaux venus qui sont majoritairement des assurtech, des big tech mais aussi des banques mobile first et des néobanques. Face à ces offensives, les acteurs traditionnels redoublent d’efforts en se développant, entre autres, sur la consommation collaborative, une niche à fort potentiel.













