Face à une conjoncture chahutée, le financement participatif dans l’immobilier rencontre sa première crise majeure. Entre le repli de l'offre de projets, des investisseurs devenus frileux et la concurrence de placements moins risqués, le secteur fait face à des défis sans précédent.
En croissance continue et exponentielle depuis 2014-2015, le financement participatif immobilier traverse sa première crise. Jusqu’ici, l’expansion du marché s’était appuyée sur l’euphorie de l’immobilier de logements, aussi bien dans le neuf que dans l’ancien. De fait, le retournement de la conjoncture constitue un défi inédit pour l’écrasante majorité des plateformes qui n’ont jamais connu pareille situation depuis leur création (80% d’entre elles ont été créées après 2013).
Une offre de projets à financer amoindrie par la crise immobilière
Les professionnels de l’immobilier peinent à mettre sur pied des opérations rentables face à la baisse de la demande qui tire les prix des biens vers le bas et des coûts prohibitifs dans la construction et la rénovation. Les niveaux de pré-commercialisation nécessaires à l’obtention des financements mettent plus de temps à être atteints et les plateformes ont durci leurs processus de sélection : respect des délais de paiement, capacité à supporter des baisses de prix de vente importantes, garanties sur l’actif, etc. Enfin, les retards ont tendance à s’accumuler sur les projets, ce qui génère une immobilisation de l’épargne des contributeurs qui mettent donc plus de temps à récupérer leurs fonds pour se positionner sur de nouveaux projets qui, mécaniquement, passent plus de temps en phase de collecte. Tous ces éléments freinent la rotation des levées de fonds et, in fine, les montants collectés.
Des investisseurs plus avertis et moins enclins à prendre des risques
Les difficultés de l’immobilier n’échappent pas aux contributeurs qui, d’une part, voient les retards de remboursement s’accumuler et, d’autre part, sont de plus en plus avertis face aux risques de perte en capital. Les crowdfunders « habitués » ont donc tendance à être plus sélectifs dans les projets qu’ils financent et à réduire leur exposition alors que les néophytes hésitent davantage à sauter le pas. La remontée des taux d’intérêt leur permet par ailleurs d’arbitrer en faveur de placements moins risqués puisque ceux-ci offrent désormais des rendements un peu plus intéressants. D’autant que le climat macroéconomique et géopolitique instable peut générer une certaine recherche de sécurité chez les investisseurs particuliers.














