Le succès des plateformes de crowdfunding confère à ces dernières une place croissante dans le financement des énergies renouvelables (EnR), même si les montants levés sont sans commune mesure avec ceux des géants de la finance. Aux côtés des plateformes généralistes comme WiSEED et Tudigo, se déploient des spécialistes - à l’image d’Enerfip, de Lendosphere et de Lendopolis - qui font la course en tête du marché.
Segment le plus dynamique du crowdfunding en 2022, les énergies renouvelables ont levé 324 millions d’euros sur l’année, soit une hausse de 75%. Certes, les montants sont très modestes comparés aux financements en crédit des banques ou aux apports en fonds propres des sociétés de capital investissement. Mais les plateformes de crowdfunding sont en passe de devenir un maillon essentiel du financement des EnR. En effet, le financement participatif est devenu ces dernières années une source de fonds compétitive et complémentaire des autres financements pour les opérateurs d’énergies renouvelables.
Acteur majeur du financement participatif dans le domaine des EnR, Lendosphère, a levé à lui seul 60 millions d’euros en 2022 (+75%). De quoi réaliser les 105 projets d’énergies renouvelables. Depuis sa création en 2014, plus de 480 projets ont été financés via la plateforme.
S’adosser aux acteurs financiers
Pour accompagner cette croissance rapide, les plateformes de crowdfunding sont en quête de capitaux. Cela encourage certaines d’entre elles à s’adosser à des acteurs de plus grande envergure ou des opérateurs de la finance. C’est ainsi que Lendosphère est devenue en 2021 une filiale de 123 IM, lui permettant de développer des synergies avec la société de gestion.
De même, en septembre 2021, la plateforme de financement participatif Enerfip a annoncé l’entrée à son capital de la Caisse d’Épargne de Midi-Pyrénées dans le cadre d’une opération de recapitalisation. Les quatre co-fondateurs conservent néanmoins la majorité, aux côtés de deux banques, dont Crédit Agricole, qui avait participé à la première levée de fonds en 2016.
Au-delà, les banques sont omniprésentes dans le capital des acteurs du crowdfunding qui financent les EnR. En effet, la plateforme Lendopolis, qui permet aux petites et moyennes entreprises d’obtenir des crédits professionnels auprès de particuliers, est devenue une filiale de La Banque Postale, lorsque cette dernière a repris KissKissBankBank & Co en 2017. De même, Lumo la plateforme de financement participatif spécialisée dans les projets de transition énergétique, est tombée dans le giron du groupe Société Générale en juin 2018.
Plus qu’un soutien en termes de capitaux, le rapprochement des acteurs du crowdfunding et des banques génère des synergies et permet de toucher un plus large public pour la collecte de fonds. De la même façon, ces partenariats stratégiques ouvrent de nouvelles opportunités pour des solutions de financement complémentaires destinées aux porteurs de projets.
Les spécialistes vs les généralistes
Deux types de plateformes actives dans les EnR peuvent être distingués : les généralistes et les spécialistes. Les plateformes spécialisées dans les EnR s’appuient sur une expérience éprouvée dans le secteur et des relations privilégiées avec les porteurs de projets. Au cours de la période récente, elles sont montées en puissance, creusant l’écart avec les challengers. Les deux leaders ont capté plus de 60% des levées de fonds des plateformes de crowdfunding dans les EnR en 2022. Parallèlement, la vaste communauté des généralistes comme WiSEED (plus de 30 000 investisseurs actifs courant 2023) favorise, quant à elle, des collectes de fonds plus conséquentes.














