Avis d'expert16 décembre 2022

Le bio, une filière en sursis ? - 2022

Delphine David

Delphine David

Directeur Expert

Le bio, une filière en sursis ?

Retournement sans précédent du marché

Longtemps abonné aux taux de croissance à deux chiffres, le marché français du bio s’est brusquement retourné en 2021 (-1,3%). Et la tendance devrait s’amplifier. A l’évidence, la crise du pouvoir d’achat est passée par là. Mais pas seulement. Ce retournement de la distribution de produits alimentaires bio s’explique aussi par la perte de repères des consommateurs avec l’essor des labels et allégations alternatifs souvent moins chers. Sans oublier les incertitudes sur le soutien des pouvoirs publics à la filière biologique. Face au durcissement des conditions de marché, les défaillances vont augmenter et représenteront autant d’opportunités d’acquisitions pour les réseaux les plus robustes. Les alliances à l’achat entre les acteurs les plus offensifs seront également d’actualité.  

La grande distribution taille dans le vif

Elle aussi touchée par le retournement du marché, la grande distribution alimentaire (plus de la moitié des ventes de bio) a pris le taureau par les cornes. L’impact sur leurs ventes est en effet d’autant plus important que le bio représentait, avec le e-commerce alimentaire (aussi en recul), leurs deux grands relais de croissance de ces dernières années. Pour limiter la casse, les géants ferment les enseignes spécialisées à leur nom (Marché Bio E.Leclerc, Carrefour Bio, Auchan Bio), réduisent le nombre de références bio dans tous les formats généralistes (surtout vrai pour les marques nationales), réorganisent les rayons (abandonnant parfois certains corners dédiés) et multiplient les promotions (dispositifs anti-inflation pour les références bio). Pour l’instant, ces efforts n’ont pas encore porté leurs fruits. Mais s’il est vraisemblable que les ventes de produits bio se redresseront tôt ou tard, elles ne devraient pas retrouver les niveaux de croissance de la décennie écoulée. L'écart de croissance entre produits bio et produits conventionnels va donc se réduire. En clair, le bio risque de perdre son statut de relais de croissance. Alors les GSA pourraient se tourner vers les produits frais, locaux et les circuits courts.

Delphine David

Delphine David

Directeur Expert

Delphine David analyse depuis plus de vingt ans les transformations du commerce et des usages de consommation. Elle combine les données, les prospectives et les modélisation pour aider les acteurs du retail à anticiper les mutations de leur marché.

Ces articles peuvent également vous intéresser

Découvrir les solutions Xerfi

Image
Plateforme XERFI

Exploitez tout le corpus Xerfi pour générer, par simple prompt, des études de marché, analyses concurrentielles et notes stratégiques.

Image
Publications

Des études qui vous apportent les données, les outils et les perspectives nécessaires pour orienter chaque décision.

Image
Études ad hoc

Des experts qui élaborent avec vous des solutions sur mesure, pensées pour relever vos défis spécifiques.