Le contexte n’a jamais été aussi porteur pour l’essor du solaire auprès des entreprises. Ces dernières sont notamment soumises à un cadre réglementaire de plus en plus contraignant. Les parkings et les bâtiments non résidentiels font en effet face à de nouvelles obligations d'installation de panneaux solaires. À compter du 1er janvier 2025, quasiment toutes les constructions et les rénovations lourdes de bâtiments non résidentiels de plus de 500 m² devront s’équiper d’une installation de production d’énergie renouvelable ou d’une toiture végétalisée. Dans le même temps, les démarches RSE et la hausse des prix incitent les grands groupes à revoir leurs modalités d’approvisionnements en électricité. Poids lourd de la consommation énergétique en France, la SNCF a par exemple annoncé en juillet 2023 un investissement de 1 Md€ dans l’autoconsommation pour couvrir entre 15 et 20% de ses besoins d’ici 2030 (via 1 000 hectares de panneaux solaires).
Des freins globalement sous contrôle
Le marché de l’autoconsommation restera porté par des vents favorables à moyen terme. La plupart des freins potentiels qui pourraient venir enrayer la dynamique de croissance semblent en effet sous contrôle. Les difficultés liées au sourcing des panneaux solaires ne représentent, en l’état, pas un frein à l’essor du marché. Elles ont perturbé ponctuellement l’activité pendant la crise sanitaire, et durant les mois qui ont suivi, mais la situation s’est progressivement normalisée. Après la hausse observée à partir de 2020, les prix des équipements s’orienteront par ailleurs à la baisse, sous l’effet d’une forte augmentation des capacités mondiales de production, principalement en Chine mais aussi aux États-Unis. Principale ombre au tableau, des goulots d’étranglement freineront toutefois l’hypercroissance du nombre d’installations avec à la clé des retards d’installation en série. Les tensions sont particulièrement prégnantes sur le poste d’installateur et s’expliquent à la fois par des pénuries de formateurs et de formations.
Un marché de l'autoconsommation BtoB disputé
Le boom du marché de l’autoconsommation profite en premier lieu aux énergéticiens historiques EDF et Engie. Sur le segment de l'autoconsommation BtoB, ces acteurs sont néanmoins concurrencés par des spécialistes des EnR indépendants qui multiplient les projets, à l’image de CVE qui a eu pour clients les laboratoires Boiron, la PME Color Foods, le groupe Cheval ou encore le fournisseur d’équipements de sécurité MSA. Aux côtés de ces acteurs, le marché est aussi investi par de nouveaux entrants aux ambitions de plus en plus affirmées. C’est par exemple le cas des opérateurs de la sphère BTP/immobilier (Legendre, Lhotellier, etc.). La conjoncture et la réglementation les incitent à se diversifier dans le photovoltaïque qui tend à devenir un lot de construction comme les autres. Les acteurs de l’efficacité énergétique ont aussi une carte à jouer, les synergies avec leur cœur de métier étant de plus en plus fortes. Idex s’est ainsi positionné sur le marché de l’autoconsommation en 2022 et a notamment remporté un important contrat auprès de Safran.














