Après l’industrie minérale et la chimie, la filière française de la métallurgie est le troisième secteur industriel le plus émetteur de gaz à effet de serre (GES). La production d’acier primaire dans les hauts-fourneaux représente l’essentiel des émissions en raison de l’utilisation massive de coke pour transformer le minerai de fer en fonte liquide. Afin de réussir la décarbonation de l’acier et prendre le virage de la transition énergétique, plusieurs sidérurgistes mettent alors le cap sur le recyclage, alors que le pays exporte la plupart de ses déchets métalliques. Rappelons que la métallurgie est dotée d’une feuille de route qui vise à atteindre une baisse de 34% des GES d’ici 2030 par rapport à 2019 en France.
Les gestionnaires de déchets et les recycleurs auront donc un rôle majeur à jouer dans cette transition vers un acier bas carbone. Pour contribuer efficacement à la décarbonation de l’acier, il leur faudra augmenter la capacité de collecte et de tri de l’Hexagone, mais aussi développer les capacités de transformation des déchets métalliques triés.
Des solutions nombreuses et variées pour la décarbonation de l’acier
Les solutions pour décarboner la production d’acier sont nombreuses et variées. Elles reposent notamment sur l’adoption de nouveaux agents réducteurs (gaz naturel ou hydrogène vert) dans les hauts-fourneaux, l’augmentation de la part de ferraille ou d’autres métaux recyclés dans la production sidérurgique, ou encore l’intégration de systèmes de captage de CO2. S’y ajoutent également l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments industriels, la réduction directe du fer grâce à l’hydrogène vert, et le remplacement progressif des hauts-fourneaux par des aciéries électriques. Eramet mise par exemple sur le captage de CO2, une technologie émergente mais adaptée aux sites industriels les plus émetteurs comme les fonderies.
Un environnement incertain
Mais la guerre commerciale percute les plans de décarbonation des géants de l’acier. Les sidérurgistes doivent en effet composer avec une conjoncture économique dégradée, qui entrave leur capacité à investir dans des solutions vertes coûteuses et grève leur profitabilité à court terme. Ces derniers mois, ThyssenKrupp et ArcelorMittal ont annoncé d’importants plans sociaux. Les industriels doivent également faire face à une demande morose en Europe, des prix de l’énergie élevés, des surcapacités en Chine et aux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium relevés de 25% à 50%.
Face à cet environnement incertain, les leaders industriels de la métallurgie installés en France avancent d’ailleurs en ordre dispersé sur le chemin de la décarbonation de l’acier, d’après l’audit de Xerfi. Près de la moitié des groupes audités ne réalisent toujours pas de bilan carbone, pourtant indispensable pour structurer une stratégie efficace de réduction des émissions et fixer des objectifs réalistes.














