Face à une baisse significative des investissements dans les startup de l’éducation en France, le secteur traverse une période de turbulence. Cependant, l'essor du digital dans les processus éducatifs, l'émergence d'acteurs significatifs et le soutien continu des pouvoirs publics dessinent des perspectives encourageantes.
Après une année 2021 record, les levées de fonds sont tombées à seulement 139 M€ en 2022, contre 434 M€ l’année précédente. Avec 43 M€ levés au cours du 1er trimestre, l’année 2023 confirme la frilosité croissante des investisseurs. La France a d’ailleurs été relégué au 4ème rang européen en 2022, derrière le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Autriche. Elle ne concentre plus que 8% des levées de fonds en Europe et seulement 2% au niveau mondial. Les investisseurs se montrent ainsi de plus en plus sélectifs concernant leurs prises de participation dans les start-up de l’éducation, et ce pour plusieurs raisons : ralentissement économique, hausse des taux d’intérêt et du coût du capital, crise de la Tech au sens large, etc. Conséquence, les niveaux de valorisation des start-up ont fondu en 2022 et 2023 par rapport à leur niveau de 2021
Pourquoi les start-up deviennent incontournables dans l’éducation
Malgré l’enrayement des levées de fonds, véritable moteur de croissance clé, le marché dispose encore de solides perspectives à moyen terme :
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Le digital ne cesse de prendre de l’importance au sein des processus d’éducation que ce soit dans la formation initiale ou continue. La progression des digital natives participera au soutien du marché au cours des prochaines années. Les incessants progrès technologiques, notamment en matière d’IA et de réalité augmentée, permettent en outre d’enrichir constamment les solutions et outils proposés aux apprenants et aux professionnels (entreprises, établissements scolaires, organismes de formation continue) ;
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Même s’il reste encore très éclaté avec une multitude de start-up de très petite taille, le marché se structure progressivement avec la montée en puissance d’acteurs significatifs : 360Learning, Coorpacademy, CrossKnowledge, OpenClassrooms, Superprof, etc. Ces opérateurs de référence favoriseront la visibilité du marché de l’EdTech dans son ensemble et in fine sa démocratisation auprès des professionnels et du grand public. L’évangélisation du marché sera également soutenue par des associations professionnelles (EdTech France et AFINEF), des incubateurs et des investisseurs (Educapital par exemple) très actifs ;
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Les pouvoirs publics continuent d’afficher leur soutien aux EdTech. Le lancement du plan « Territoires numériques éducatifs » et l’appel à manifestation d’intérêt de démonstrateurs numériques dans l’enseignement supérieur (DemoES) en 2020 s’inscrivent ainsi dans cette volonté de l’État de favoriser la diffusion du digital dans le milieu de l’éducation.














