À l’origine du choc inflationniste de 2026
Le marché pétrolier connaît de fortes turbulences depuis mars. Dans le contexte de conflit militaire au Moyen-Orient, le cours du Brent s’est temporairement hissé au-dessus des 100 dollars le baril en avril et en mai (en moyenne mensuelle). L’accord intervenu en juin sur la sécurisation du trafic maritime dans le Golfe a temporairement apaisé les tensions, ramenant le prix du baril à 84 dollars en juin et en juillet. Néanmoins, dans le contexte d’un accord fragile, le cours est resté très volatile cet été, oscillant entre 80 et 100 dollars le baril, avec une forte mobilisation des réserves stratégiques et des stocks pour éviter une envolée plus forte du cours. Ce dernier devrait s’établir à 87 dollars le baril en moyenne sur 2026, soit une hausse annuelle de 27 %. Cela constitue un choc inflationniste très fort pour l’économie mondiale.
Contre-choc en 2027, sous l’hypothèse d’un apaisement des tensions dans le Golfe
Le prix du Brent devrait progressivement descendre aux alentours de 75 dollars le baril en moyenne en 2027, pour ensuite se stabiliser un peu au-dessous de ce niveau en 2028, tout en restant exposé à d’éventuels épisodes de volatilité liés aux risques géopolitiques. La progression de l’offre, portée à la fois par les pays de l’OPEP+ et par les producteurs hors cartel (notamment du continent américain), devrait largement dépasser la croissance de la demande, sous l’hypothèse d’une normalisation progressive du trafic au Moyen-Orient. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’excès d’offre du marché mondial dépassera 4 millions de barils par jour en 2027, un niveau inédit depuis la crise sanitaire de 2020.
Hypothèses du scénario central et risques associés
La normalisation du trafic pétrolier dans le Golfe permettrait au marché mondial de retrouver un excédent d’offre confortable. Le Brent refluerait vers 75 dollars le baril, un niveau légèrement supérieur à celui de fin 2025, qui intégrerait encore une prime de risque géopolitique liée aux événements récents.
Si la production pétrolière et le trafic maritime dans le Golfe ne se normalisent pas, le déficit mondial, estimé actuellement à environ 2 millions de barils par jour, continuera d’être compensé par des prélèvements sur les stocks commerciaux et les réserves stratégiques. Selon les estimations de marché, ces réserves pourraient amortir le déséquilibre pendant encore six à douze mois. Mais si le conflit ne s’apaise pas d’ici à la fin du premier trimestre 2027, la réduction des stocks disponibles pourrait accentuer les tensions sur les prix et pousser le Brent nettement au-dessus de 100 dollars le baril.
Aux États-Unis, la forte hausse des prix à la pompe accroît le coût politique du conflit pour l’administration Trump, à l’approche des élections de mi-mandat où les républicains risquent de perdre le contrôle du Congrès. Le renchérissement des carburants aux États-Unis et le risque d’un affaiblissement de la majorité républicaine au Congrès après les élections de novembre nous conduisent à retenir comme scénario central un apaisement des tensions d’ici au premier trimestre 2027.












