Le marché des compléments alimentaires fait preuve d’une remarquable résistance aux fluctuations économiques. La crise sanitaire a bien sûr eu un effet accélérateur sur ce marché en incitant davantage de Français à prendre soin de leur santé par des traitements naturels. Mais surtout, la nutrithérapie est parvenue à se détacher de la traditionnelle cible de la mère de famille prescriptrice sous l’effet de la multiplication de références de gummies qui promettent d’allier santé et plaisir. Pourtant, leur succès est terni par des critiques croissantes sur leur composition et leur efficacité. Les marques doivent innover pour répondre à ces défis et maintenir leur attractivité face à des consommateurs de plus en plus exigeants.
Estimé à près de 100 millions d’euros en pharmacie et parapharmacie, le marché des gummies enregistre des taux de croissance élevés. Ce format innovant a permis de rajeunir les consommateurs habituels de compléments alimentaires tout en favorisant le réachat tant ces gommes sucrées s’inscrivent facilement dans les routines santé ou beauté. La majorité des leaders du marché, dont Arkopharma, PiLeJe ou Havea Group, proposent d’ailleurs une offre de gummies qui couvre la plupart des promesses. Ils ont aussi parfois investi dans des DNVB (Digitally Native Vertical Brands) axées sur ces produits pour capitaliser sur des marques à forte notoriété. C’est le cas de Cooper Consumer Health qui a racheté Lashilé Beauty fin 2021 ou d’Havea qui a mis la main sur Bears with Benefits un an plus tard.
Les marques cherchent la parade pour rendre les gommes plus « healthy »
Le succès des gummies ne doit pas pour autant masquer les critiques et controverses dont ces produits font l’objet, en particulier du côté des professionnels. Ces gommes sont en effet régulièrement décriées pour leur forte teneur en glucose et saccharose, sans intérêt nutritionnel et pouvant même entraîner une accoutumance au sucre et un risque de surconsommation. Leur efficacité est aussi remise en cause puisqu’une gomme ne peut contenir qu’environ 70 mg d'ingrédients contre 600 mg pour une gélule classique.
Les marques ont alors engagé des réflexions pour utiliser des substituts au sucre pour réduire les apports glucidiques de leurs gummies, voire ne pas utiliser de sucre du tout. UPSA commercialise ainsi depuis 2023 des gummies dotés de sept couches d’actifs encapsulés « sans sucres » et sans interaction néfaste les unes avec les autres, issus d’une technologie brevetée. Mium Lab a lui développé une gamme de gummies 100% vegan et fabriqués en France, où le sucre est remplacé par du maltitol, un édulcorant naturel recommandé pour les personnes diabétiques et ne favorisant pas l'apparition de caries. De même, Santarome propose des gummies sans sucre, formulés avec des ingrédients bio et vegan, sur plusieurs promesses comme la beauté des cheveux, la qualité du sommeil ou la gestion du stress.














