À 4,9% sur un an en septembre dernier l’inflation, fait de la résistance. C’est de l’énergie qu’est venue la mauvaise surprise. L’inflation énergétique, qui avait été à la source du choc inflationniste en 2021 et 2022, était devenue négative depuis le printemps 2023. Changement de cap depuis un mois, elle a repris sa marche en avant (+11,5% en septembre) alimentée par la hausse des cours du pétrole qui tire les prix des carburants à quoi s’ajoute l’arrêt des mesures gouvernementales sur l’énergie (prime à la pompe, relèvement du bouclier tarifaire). Bonne nouvelle pour les ménages cependant, les prix des produits alimentaires, qui étaient depuis plusieurs mois le principal moteur de l’inflation, se sont assagis. La baisse des prix de production indique que la tendance de fond à la désinflation est toujours présente mais il ne faut espérer un reflux rapide. En effet, même si la situation du côté des matières premières s’apaise, les boucles qui entretiennent le phénomène inflationniste ont eu le temps de se mettre progressivement en place et la hausse des prix est passée de secteurs en secteurs. L’inflation totale sera donc plus persistante qu’espérée et déclinera seulement très progressivement sous l’hypothèse d’une normalisation progressive du cours du pétrole et des cours agricoles mondiaux. L’inflation reviendrait vers 4% fin 2023, ce qui reste historiquement haut depuis l’adoption de l’euro. Un reflux limité et ralenti par l’effet « boomerang » lié à la sortie progressive des différents mécanismes mis en place pour limiter la flambée des prix énergétiques en 2022. L’interrogation porte plus sur 2024. Le contrecoup du repli des prix de l’énergie et de l’alimentaire ne jouera plus dans un contexte de faibles gains de productivité, de tensions toujours fortes sur le marché du travail (malgré la remontée du taux de chômage) et de marges bénéficiaires des entreprises toujours élevées.















