La France comptera plus de 6,6 millions de personnes âgées de 75 ans ou plus autonomes ou en risque de perte d’autonomie (GIR 5-6) en 2035. Cela correspond à une croissance de presque 3% par an par rapport à 2022. Si l’ensemble des territoires sera impacté par cette dynamique liée à l’avancée des baby-boomers dans cette classe d’âge, elle sera plus prononcée dans certaines régions. Ce sera en particulier le cas dans Les Hauts-de-France, les Pays de la Loire, la Bretagne ou la Normandie. La tendance sera en revanche moins prégnante dans la région Sud PACA. En d’autres termes, le potentiel du marché des logements seniors reste immense, et particulièrement celui des résidences services seniors (RSS).
Jusqu’ici, le marché des résidences services seniors s’appuyait sur la seule pertinence de la réponse apportée à un besoin de sécurité et de lien social des personnes âgées en quête de préservation de leur autonomie. Depuis 2021-2022, il commence à bénéficier davantage de la croissance massive de la population cœur de cible de l’offre. L’âge moyen d’entrée en résidences services seniors étant de 80 ans, les effets de la croissance vont continuer se faire sentir bien après 2031. Et cette population nombreuse se veut plus compatible avec les divers concepts de RSS tant elle est davantage sensibilisée au « bien vieillir » : appétences a priori supérieures pour les services, la mobilité ou encore la prévention de la perte d’autonomie, etc.
La capacité financière des seniors en France : un enjeu clé pour le marché des résidences services
Malgré ces perspectives exceptionnelles, les exploitants de résidences services seniors doivent prendre en compte les spécificités du marché pour pouvoir concrétiser son potentiel. Cette solution résidentielle intermédiaire impose en effet la mise en place d’une méthodologie d’implantation adaptée (bassin de population cible, soutenabilité des dépenses, etc.), des stratégies marketing et commerciales dédiées (présence en ligne accrue pour toucher des seniors de plus en plus connectés, prospection de prescripteurs, etc.) mais aussi le déploiement de stratégies de services (services d’aides et d’accompagnement, prises de rendez-vous médicaux, etc.).
Il est crucial de se rappeler que la capacité des seniors de 75 ans et plus à soutenir les dépenses de résidences pour personnes âgées varie fortement d'un territoire à l'autre. Notre étude montre qu’en France métropolitaine, la part des seniors susceptible de s’offrir les services d’une RSS de type M1 (entrée de gamme pour un coût annuel de 21 600 euros) s’élevait à environ 45% contre 75% pour les RSS de type M2 (prestations à la carte pour 15 600 euros par an) et 35% pour les résidences dites M3 (tout intégré pour 24 000 euros l’année). Trois grandes régions font la course en tête pour la capacité des 75 ans et plus à soutenir les dépenses des résidences services seniors selon leur modèle économique et leurs prestations. Il s’agit de l’Ile-de-France (loin devant), de Sud PACA et d’Auvergne-Rhône-Alpes.














