Les produits phytosanitaires sont des pesticides utilisés pour prévenir la prolifération d'organismes (insectes, champignons, etc.) ou pour soigner les maladies des végétaux cultivés. Ils se présentent sous forme liquide, en poudre ou en granulés et sont composés de plusieurs substances actives et d’adjuvants (solvants, stabilisants, tensioactifs, dispersants, etc.), utilisés pour faciliter l’application ou l’action des produits. Il existe 5 grandes familles de phytosanitaires : les herbicides, les fongicides, les insecticides, les inhibiteurs de germination et les régulateurs de croissance pour plantes, les autres pesticides et produits agrochimiques (nématicides, rodenticides, corvicides, etc.). Le principal débouché de l’industrie des produits phytosanitaires est l’agriculture. Les opérateurs du secteur s’adressent également, dans une moindre mesure, aux acteurs de l’hygiène en milieu hospitalier ou industriel ainsi qu’aux particuliers (jardinage, assainissement de locaux, etc.).

L’industrie française des phytosanitaires est largement dominée par les géants mondiaux de la chimie, notamment les Allemands Bayer et BASF, et le Chinois Sinochem via Syngenta. L’intensité capitalistique constitue également une forte barrière à l’entrée. Les opérateurs consentent en effet d’importants efforts de R&D. Ils cherchent à développer des substances moins nocives pour l’environnement, mais également des semences génétiquement modifiées compatibles avec l’utilisation de leurs pesticides. Les opérateurs positionnés uniquement sur la distribution et la commercialisation de pesticides et autres produits agrochimiques sont exclus du champ d’analyse, y compris les fabricants étrangers n’ayant aucune activité industrielle en France (comme Philagro ou Ascenza).

La France, un acteur important des pesticides sur l’échiquier mondial
Parmi les 4 premiers pays exportateurs (au coude-à-coude avec les États-Unis et l’Allemagne), la France est une référence au niveau mondial dans les produits phytosanitaires. Au niveau européen, elle se positionne notamment en 1re position dans la production de fongicides devant l’Allemagne, 2e en herbicides derrière son voisin d’outre-Rhin et 1re en insecticides devant l’Italie. En plus d’être la première puissance agricole européenne, le pays compte sur la présence historique de plusieurs des leaders mondiaux basés notamment dans ses bassins industriels comme la « Vallée de la chimie », près de Lyon (69). Il affirme aussi son rayonnement à l’échelle européenne à travers ses exportations qui ont atteint 3,9 Md€ en 2021.
Un tissu industriel en proie à des difficultés structurelles
Le tissu industriel des produits phytosanitaires s’est érodé sur moyenne période. Entre 2009 et 2019, il a ainsi perdu une quarantaine d’établissements et plus de 1 100 salariés. Le secteur est marqué par des difficultés structurelles qui affaiblissent les fabricants. D’une part, le marché français a tendance à se replier. La consommation de produits phytosanitaires en France par les agriculteurs s’affaisse depuis plusieurs années du fait de la mauvaise presse des pesticides, de mesures gouvernementales ou encore du développement de pratiques culturales optimisées. D’autre part, la concurrence étrangère s’intensifie et la réglementation quant à la fabrication de pesticides se durcit. Par exemple, en octobre 2020, la Commission européenne a décidé de ne pas renouveler l’autorisation du mancozèbe, comptant parmi les fongicides les plus vendus en France. En outre, la fabrication de pesticides interdits en Europe ne sera plus autorisée en 2022.
Une industrie très concentrée
L’industrie des produits phytosanitaires est très concentrée en France. Les quatre premiers groupes de fabrication de produits phytosanitaires ont ainsi réalisé 79% du chiffre d’affaires du panel Xerfi en 2019. Les géants de la chimie, en tête du secteur, génèrent l’essentiel de l’activité. Les importantes barrières à l’entrée dans le secteur limitent la probabilité d’apparition de nouveaux acteurs dans le secteur en France. En effet, le marché mondial et européen des produits phytosanitaires est dominé par des groupes agrochimiques détenteurs de marques à forte notoriété. L’entrée sur le marché est de plus conditionnée par des budgets R&D faramineux et d’une force commerciale et marketing conséquente. Des petites sociétés indépendantes parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu, notamment dans les solutions de biocontrôle (mais elles constituent des proies pour les majors du secteur).














