Portée par la transition vers la mobilité électrique et l’appui des politiques publiques, l’implantation des bornes de recharge connaît une accélération remarquable en France. Derrière ce dynamisme, les opérateurs doivent pourtant composer avec des coûts de déploiement et d’exploitation élevés, une utilisation encore limitée et la volatilité des prix de l’énergie. La rentabilité des infrastructures de recharge reste ainsi incertaine, obligeant les acteurs du secteur à adapter leur modèle économique pour assurer la pérennité de leurs investissements.
Initialement prévue pour fin 2021, la barre des 100 000 points de recharge publics a été atteinte en mai 2023. Depuis, le rythme des installations s'est accéléré, portant le nombre de bornes accessibles au public à plus de 154 000 fin 2024. Selon les projections, cette cadence soutenue permettra d'atteindre un parc de 290 000 bornes de recharge publiques d'ici fin 2027.
Plusieurs facteurs expliquent cette croissance des infrastructures de recharge pour véhicules électriques. La transition du marché automobile vers l'électrique, bien qu'avec des soubresauts, semble inéluctable, générant des besoins croissants en bornes de recharge. L'interdiction des ventes de véhicules neufs à moteur thermique à partir de 2035 dans l'Union européenne illustre cette évolution. Par ailleurs, les aides publiques au déploiement de bornes de recharge restent significatives. Le programme Advenir, par exemple, a été reconduit jusqu'en 2027 avec un budget supplémentaire de 200 millions d'euros pour installer près de 60 000 nouveaux points de charge.
La rentabilité des bornes de recharge reste incertaine
Malgré la volonté des pouvoirs publics d'accélérer la mobilité électrique, atteindre la rentabilité demeure un défi pour les exploitants de bornes de recharge. Ces acteurs font face à des coûts de déploiement et d'exploitation élevés, tandis que les bornes affichent des taux d'indisponibilité notables et des taux d'utilisation encore modestes. Les modèles économiques de la recharge publique s'évaluent sur le long terme, avec des horizons de rentabilité généralement supérieurs à huit ans. L'envolée des prix de l'électricité en 2022-2023, puis leur maintien à un niveau élevé, a également éloigné les perspectives de rentabilité pour les exploitants sans contrat les protégeant contre l'inflation du kilowatt. Pour s'adapter, les opérateurs ont ajusté leur modèle économique, notamment en augmentant les tarifs pour couvrir la hausse de leurs coûts d'approvisionnement.














