Face au recul attendu de la consommation de gaz fossile et à l’essor des gaz renouvelables, les fournisseurs de gaz doivent repenser leur modèle économique. La sécurisation des approvisionnements en biométhane devient un enjeu stratégique pour réduire leur exposition à la volatilité des marchés de gros et répondre aux besoins de décarbonation des industriels. Entre investissements dans la production et multiplication des contrats d’achat à long terme, la concurrence s’intensifie pour capter les volumes disponibles.
Sous l’effet de l’électrification rapide des transports et de l’industrie, la demande de gaz fossile pourrait reculer de près de 45% en dix ans. Cette contraction historique impose aux fournisseurs un virage industriel et commercial majeur : passer d’un modèle centré sur le gaz naturel à un portefeuille intégrant une part croissante de gaz renouvelables. Sous la pression des objectifs climatiques, industriels et collectivités cherchent à substituer une part croissante de leurs consommations par du gaz vert, notamment du biométhane, pour les usages difficiles à électrifier. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe ainsi un objectif de 44 TWh de biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel d’ici 2030.
Les fournisseurs de gaz cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en biométhane
La sécurisation des approvisionnements en gaz renouvelable au meilleur coût s’est récemment imposée comme l’un des axes stratégiques des fournisseurs alternatifs indépendants. Depuis l’ouverture complète à la concurrence des marchés de l’énergie en 2007, le modèle économique de la plupart de ces acteurs reposait sur la revente aux consommateurs finaux d’énergie achetée sur les marchés de gros. Ce fonctionnement leur a longtemps permis de proposer des offres très compétitives par rapport aux tarifs réglementés.
Cependant, l’envolée des prix spot entre 2021 et 2023 a fortement remis en cause cette organisation. De nombreux fournisseurs se sont retrouvés exposés à des achats à des prix très supérieurs aux tarifs fixes proposés à leurs clients, comprimant brutalement leurs marges et mettant en évidence leur forte dépendance aux marchés spot. Depuis, plusieurs acteurs ont entrepris une diversification de leur modèle d’affaires vers la production en propre d’énergie verte afin de réduire leur exposition aux fluctuations des marchés. Cette tendance s’accentuera dans les années à venir, d’importants investissements ayant déjà été engagés dans le secteur pour sécuriser les approvisionnements en énergie. En parallèle, les fournisseurs multiplient les contrats d’achat à long terme avec des producteurs de biométhane pour sécuriser leurs volumes et leurs conditions de prix.
Deux leviers pour sécuriser le biométhane
Investir dans la production
Développer ou acquérir des unités de méthanisation pour disposer de capacités de production en propre.
Acheter à long terme
Conclure des contrats avec les producteurs pour sécuriser les volumes et les conditions de prix.
Sécuriser les volumes et mieux maîtriser les coûts
Deux leviers complémentaires pour réduire l’exposition aux marchés de gros et répondre aux besoins de décarbonation des clients.
Engie, un acteur majeur de la production et de la fourniture de biométhane en France
Fournisseur historique de gaz naturel en France, Engie est aussi un acteur majeur de la filière du biogaz. Le groupe est présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur : développement, financement, construction et exploitation d’unités de méthanisation, ainsi que commercialisation de biométhane auprès des particuliers, des entreprises et des collectivités. Via sa filiale Engie Bioz, il figure parmi les principaux producteurs de biométhane en France, avec 22 sites en exploitation représentant environ 650 GWh de capacité annuelle cumulée. En aval, le groupe est l’un des principaux fournisseurs de biométhane aux entreprises françaises. Pour les grands comptes, Engie propose des solutions sur mesure incluant des accords d’achat de biométhane à long terme pour répondre à des volumes importants. Le fournisseur est un pionnier des BPA (Biomethane Purchase Agreements) en France, avec la signature dès 2023 d’un contrat avec Arkema.
Engie–Arkema : un engagement sur dix ans
En 2023, Engie et Arkema ont annoncé un contrat à long terme pour la fourniture de biométhane renouvelable en France.
300 GWh/an
Le volume annuel de biométhane prévu au contrat.
10 ans
La durée de l’engagement de fourniture.
Le contrat vise à réduire l’empreinte carbone de la production de polyamide 11 biosourcé d’Arkema : une traduction concrète du rôle des BPA dans la décarbonation industrielle.
Le biométhane et les fournisseurs de gaz
Les réponses aux principales questions des décideurs sur les approvisionnements, les contrats et les acteurs du biométhane.












