Dans votre récente étude sur le façonnage pharmaceutique vous insistez les opportunités liées aux produits biologiques pour la filière. Quel constat dressez-vous à ce niveau ?
Les produits biologiques constituent en effet la manne du futur pour les CDMO française. Le marché mondial bioCDMO pèse plus de 13 Md€ et il progresse de l’ordre de 25% par an. Mais jusqu’à présent la France était passée largement à côté de ce marché. Les perspectives se présentent plus favorablement.
Est-ce que les investissements sont à la hauteur des enjeux ?
Avec les plans France Relance et le volet bioproduction du plan France 2030, les pouvoirs publics sont passés de la prise de conscience aux actes. Les aides à l’investissement ont été considérablement renforcées. Et les investisseurs privés accompagnent eux aussi le mouvement en soutenant l’émergence d’une nouvelle génération de bioCDMO français misant pour la plupart sur des technologies de rupture. C’est le cas de Biose Industrie, TreeFrog Therapeutics, Flash Therapeutics, GTP Bioways, RD Biotech ou Clean Cells. Résultat, en deux ans, 300 M€ ont été investis par des bioCDMO dans l’Hexagone.
Comment faire face aux groupes étrangers sur ce marché ?
Outre le passage à l’échelle de cette nouvelle génération d’acteurs, l’enjeu majeur est effectivement de leur donner les moyens de résister aux velléités d’acquisitions de groupes étrangers. Après les rachats récents des « pépites » françaises Yposkesi et Novasep, les pouvoirs publics semblent avoir pris la mesure du sujet et se sont fixés pour objectif de favoriser l’émergence de leaders français. Premier élément concret, en mai 2022 s’est constituée une nouvelle société d’investissement française, eureKING, qui entend figurer parmi les leaders des CDMO en bioproduction en Europe. Elle a levé 150 M€ sur Euronext Paris pour financer des acquisitions.














