
AVIS D'EXPERT | Vincent Desruelles | Publié le 13 Avril 2026
ImmobilierServices aux entreprisesAprès une décennie d’expansion, le marché des bureaux flexibles marque un net ralentissement en 2025. Entre disparition d’un acteur majeur, demande sous pression et maturité de l’Île-de-France, le secteur entre dans une phase plus sélective. Cette recomposition profite aux métropoles régionales et accélère l’essor du bureau opéré, devenu une alternative crédible pour les propriétaires en quête de performance.
Pour la première fois depuis plus de dix ans, les surfaces exploitées par les principales enseignes nationales de bureaux flexibles, de bureaux partagés et d’espaces partagés ont quasiment stagné en 2025. La croissance s’est limitée à moins de 1%, un chiffre qui tranche nettement avec les dynamiques observées avant 2024. Ce coup d’arrêt s’explique en partie par la disparition de MyFlexGroup, acteur majeur du secteur, dont le développement rapide n’a pas été accompagné d’un niveau de qualité de service suffisant. Sur plus d’une centaine de sites exploités, seule une trentaine a trouvé repreneur.
Mais même corrigée de cet effet exceptionnel, la progression des surfaces reste modeste. Le marché des bureaux partagés et des espaces partagés subit de plein fouet une conjoncture défavorable touchant l’ensemble de l’immobilier tertiaire. L’incertitude économique, la prudence des entreprises et l’allongement des cycles de décision pèsent sur la demande, qu’il s’agisse de bureaux traditionnels, opérés ou flexibles. Cette contraction a mécaniquement entraîné une hausse de la vacance dans certains réseaux et une intensification des efforts commerciaux, avec des remises pouvant atteindre 50% en périphérie francilienne.
Dans ce contexte, les stratégies de développement évoluent. De nombreux projets sont d’ores et déjà programmés pour 2026 dans les grandes métropoles régionales comme Strasbourg, Rennes ou Grenoble. Ces territoires offrent encore des marges de progression significatives, du fait d’une offre flexible moins dense et de besoins croissants en solutions immobilières agiles.
À l’inverse, l’Île-de-France apparaît désormais largement arrivée à maturité. Les opportunités de création de grandes surfaces s’y raréfient et les nouveaux projets portent majoritairement sur des formats plus réduits, souvent inférieurs à 1 000 m².
Parallèlement, le modèle du bureau opéré gagne du terrain. De plus en plus de propriétaires se tournent vers des schémas alternatifs au bail commercial classique, dans un contexte de vacance élevée et de pression accrue sur les valeurs locatives. Le recours à un opérateur chargé d’exploiter l’espace pour le compte de l’investisseur apparaît comme une réponse pragmatique pour optimiser la performance des actifs, qu’il s’agisse de bureaux opérés, de bureaux partagés ou d’espaces partagés.
Cette évolution s’inscrit dans une logique de coopération renforcée entre propriétaires et opérateurs, notamment via des baux variables ou contrats de management permettant un partage des risques et un meilleur alignement des intérêts. Les opérateurs spécialisés mettent désormais en avant leur capacité à créer de la valeur au-delà du simple remplissage, avec une promesse qui dépasse la seule mise à disposition de bureaux partagés ou d’espaces partagés. Ils valorisent aussi l’amélioration de l’usage, la qualité de l’expérience utilisateur et la fidélisation des occupants.
Qu’est-ce qu’un bureau partagé et un espace partagé ?
Les bureaux partagés et espaces partagés désignent des lieux de travail mutualisés permettant à plusieurs entreprises d’occuper des surfaces communes. Ces formats, qui incluent le coworking et les bureaux flexibles, offrent une alternative au bail commercial classique en apportant davantage de souplesse d’usage.
Quelle différence entre bureaux partagés et bureau opéré ?
Les bureaux partagés reposent sur une mutualisation des espaces entre plusieurs occupants, tandis que le bureau opéré correspond à un espace exploité pour le compte d’un utilisateur unique ou d’un propriétaire, avec des services intégrés et une gestion externalisée.
Quelle est la situation actuelle du marché des bureaux partagés ?
Le marché des bureaux partagés et des espaces partagés connaît un ralentissement marqué depuis 2025, avec une croissance limitée des surfaces. Cette évolution reflète une conjoncture défavorable dans l’immobilier tertiaire et une demande plus prudente des entreprises.
Où se situent les relais de croissance des espaces partagés ?
Les métropoles régionales apparaissent comme les principaux relais de croissance, grâce à une offre encore limitée et à une demande en progression pour des solutions immobilières flexibles, contrairement à l’Île-de-France désormais plus mature.
Comment évolue le modèle économique des opérateurs ?
Les opérateurs de bureaux partagés adaptent leur stratégie en privilégiant des modèles plus résilients, fondés sur la qualité de service, l’optimisation du taux d’occupation et des partenariats renforcés avec les propriétaires, notamment via le développement du bureau opéré.
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Vincent Desruelles analyse les marchés de l’immobilier, du bâtiment
et des services. Il décrypte les évolutions du logement, des bureaux, de la
rénovation et des nouvelles formes d’hébergement, en examinant la manière dont
ces segments s’adaptent aux mutations économiques, réglementaires et
sociétales.
Ses travaux portent notamment sur les usages émergents, les
transitions environnementales, les recompositions de chaînes de valeur et
l’évolution des modèles opérés par les acteurs. En parallèle de ses missions
d’étude, il est régulièrement sollicité par la presse écrite et professionnelle
pour apporter un éclairage expert sur les dynamiques des marchés immobiliers.
Il intervient également dans le cadre de prestations ciblées auprès de groupes
de promotion immobilière et d’organismes de logement social, afin d’appuyer
leurs réflexions stratégiques ou leurs travaux d’analyse.
En interne, il contribue à structurer la veille sur ses
domaines d’expertise et participe à la production de travaux transversaux
portant sur le bâtiment, l’ingénierie, l’immobilier tertiaire ou les marchés
résidentiels. Il assure en outre un rôle d’encadrement éditorial auprès de
nombreuses études.
Diplômé de l’Université Paris-Dauphine et de l’Université
Panthéon-Sorbonne, il s’intéresse particulièrement au rôle de l’innovation -
numérique, technique ou organisationnelle - comme levier d’adaptation et de
renouvellement des modèles immobiliers.
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