Deux tiers des sociétés interrogées envisagent de maintenir leurs efforts de formation
Les organismes de formation peuvent se réjouir. Bien ancrée dans les pratiques des ressources humaines, la formation professionnelle restera en effet d’actualité pour les entreprises engagées dans des transitions écologiques, numériques et démographiques qui nécessitent d’ajuster les compétences en profondeur. Deux tiers des sociétés interrogées envisagent ainsi de maintenir leurs efforts de formation, selon l’enquête de Xerfi Observatoire. Outre les expertises techniques liées au cœur de métier, les soft skills (prise de parole, créativité…) suscitent l’intérêt de plus de 60% des répondants. Plus étonnant, les savoir-faire numériques (programmation informatique ou traitement des données par exemple) ne sont pas jugées prioritaires. Le tout distanciel ne séduit pas non plus forcément. Ce qui pourrait réorienter les stratégies des acteurs de la formation professionnelle en matière d’offre digitale et d’apprentissage hybride (ou blended learning). L’enquête montre également que, faute de temps et de savoir-faire, la moitié des entreprises interrogées confient leurs formations à des prestataires. Mais surtout, les employeurs feront preuve de proactivité en matière de co-utilisation du Compte personnel de formation (CPF). En clair, le CPF pourrait par exemple être utilisé par les salariés sur leur temps de travail en échange d’une codécision avec l’employeur sur son usage. Une aubaine pour réduire la sous-utilisation actuelle des dispositifs dont pâtissent à l’évidence les prestataires.
Les organismes traditionnels trustent les premières places
Alors que les entités de l’enseignement supérieur ou les spécialistes des langues s’adressent historiquement aux étudiants et aux actifs à titre individuel, les services des OF traditionnels sont utilisés par 97% des clients, dont plus de 50% fréquemment, d’après l’enquête de Xerfi Observatoire. Ces prestataires devancent entre autres les spécialistes de l’e-learning qui misent notamment sur des prix attractifs. Paradoxalement, ils semblent même les mieux placés sur le segment BtoB de la formation des cadres, loin devant les écoles de commerce (qui passent sous les radars des entreprises). Ces dernières années, le champ de la formation professionnelle a en effet été investi par des plateformes d’e-learning, créées par des start-up (OpenClassrooms, Coursera, etc.) ou par des acteurs de l’enseignement supérieur (comme Studi, iconoClass, etc.), qui ont saisi les opportunités ouvertes par la révolution numérique. Prix attractifs, prestations personnalisées et solutions centrées sur les métiers du numérique : les spécialistes de l’e-learning ont plusieurs cordes à leur arc pour attirer des clients. Désormais, les géants du numérique entrent aussi sur le marché, avec, par exemple, Google ateliers numérique (learndigital.withgoogle.com). Parmi les nouveaux entrants, les plateformes d’e-learning, à l’origine surtout tournés vers le public universitaire et l’enseignement supérieur, se sont diversifiées sur le marché de la formation professionnelle, à l’image d’OpenClassrooms. Ils ont développé une offre certifiante pour dégager des revenus plus conséquents et monétiser leur offre. Les cours en vidéo accessibles gratuitement font alors office de « produits d’appel » (l’obtention des certificats restant payante).
Entreprises et prestataires entretiennent des relations durables
Si le prix et le contenu des formations sont les premiers critères de sélection des clients (avant la réussite des collaborations passées), les relations avec les prestataires sont plutôt durables. Environ 80% des clients travaillent avec leur principal partenaire depuis plus de deux ans. Il est vrai que 97% des donneurs d’ordres sont satisfaits du travail des spécialistes choisis. Mais seulement un peu plus d’un tiers peuvent les mobiliser pour des missions sortant de leur domaine habituel comme des prestations de conseil en formation ou des missions de bilans de compétences et d’aide à la reconversion des salariés. D’ailleurs, plusieurs enseignements de notre enquête montrent que les acteurs de la formation professionnelle pourraient revisiter leurs stratégies ou du moins leur catalogue. De plus en plus présents dans les offres des prestataires, les savoir-faire numériques ne sont pas considérés prioritaires, même s’ils ont une importance indéniable pour les répondants. Sans surprise, c’est surtout vrai pour les entreprises du BTP et les petites structures.














