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Comprendre pourquoi le Bitcoin restera une monnaie de singe

Découvrez l’analyse d’Olivier Passet, directeur de la recherche, Xerfi

Publié le 31 Mai 2021

https://player.vimeo.com/video/554702292?autoplay=1

Olivier Passet - Directeur de la recherche, Xerfi




Les cryptomonnaies c’est un peu comme un film de science-fiction. On ne comprend pas grand-chose au verbiage pseudo-scientifique qui sous-tend l’intrigue. Ce qui compte c’est de rejouer à plus soif le grand combat des forces du bien et du mal et de créer un vertige métaphysique sur la vulnérabilité de la condition humaine. Les cryptomonnaies ont leurs savants fous qui veulent devenir les maîtres du monde, leurs armées invisibles de mineurs, mercenaires de la cause, leur univers parallèle du Dark Web qui gangrène de façon rampante l’ordre établi. Elles ont leurs guerres hégémoniques, celles que livrent les FinTech pour évincer demain les banques et avec elles tout le système de supervision pyramidal des banques centrales et des États. Celles que se livreront demain les grandes puissances pour imposer leur crypto-devise au reste du monde. La presse regorge de papiers sur le combat de titan que fourbit la Chine avec son Crypto-Yuan, qu’elle verrouille à débauche de brevets, pour prendre de vitesse le crypto-dollar encore à l’ébauche au MIT et à la banque centrale de Boston. Mais on le sait aussi, le monde opaque du Web s’enflamme régulièrement de façon virale sur des mots magiques, qui doivent en l’espace de quelques années transfigurer le monde avant que le soufflet ne retombe, l’histoire logue reprenant ses droits. Il en fut ainsi du big data, de l’impression 3D,  de l’IE.

Revenons déjà au terme de cryptomonnaie. Si l’on accorde un sens au mot, quelles sont les qualités qu’elles devraient posséder ?  1/crypto, cela veut dire qu’il s’agit d’un instrument virtuel qui opère de façon décentralisée, traçable, pratique, non manipulable, grâce à la blockchain, court- court-cuitant, les banques et les gouvernements. La fiabilité digitale est telle que l’on accepte une crypto monnaie, avec autant de confiance qu’une pièce ou qu’un billet, en dépit de sa non matérialité. Sans tiers de confiance, sans tout l’édifice pyramidal qui sous-tend le fonctionnement des monnaies classiques, même électroniques, qui fait que chaque transaction au plan micro se matérialise bien en bout de chaîne  par le changement de la position débitrice de la banque A et créditrice de la banque B auprès de la banque centrale. C’est ce que l’on appelle la compensation, essentiel à la cohérence et à la robustesse du système des paiements 2/ monnaie, cela veut dire que cet actif virtuel est désiré comme unité de compte, c’est-à-dire comme étalon stable de valeur, comme instrument de transaction largement accepté et comme instrument de réserve, pour conserver sans risque son épargne. Fiable, traçable, pratique, référent lisible de la valeur, instrument de transaction et de conservation de la richesse… c’est lorsque toutes ces propriétés sont réunies que l’on peut parler de cryptomonnaie. Autant dire alors qu’il n’existe encore aucune cryptomonnaie. Prenons le Bitcoin aujourd’hui, qui capitalise 60% des cryptomonnaies, sa volatilité est telle qu’il ne peut servir ni d’unité de compte, ni d’instrument fiable de transaction, pouvant se transformer en monnaie de singe d’une seconde, d’un jour à l’autre, et encore moins de support de conservation de la valeur. Le Bitcoin est peut-être crypto, mais il n’est pas monnaie.

Derrière ce terme sans contenu véritable, on finit par y mettre tout et n’importe quoi. Les portes monnaies électronique par exemple, ne sont que des avatars de nos porte-monnaie physiques et se greffent sur l’édifice des monnaies traditionnelles. Autre exemple les crypto-devises, qui elles sont bien de la monnaie banque centrale, pilotée par l’émetteur souverain, sans faire appel à la décentralisation de la blockchain. Ce que tentent les banques centrales à travers cela c’est d’inventer un substitut numérique aux espèces, la monnaie fiduciaire donc. Pour la Chine, il ne s’agit pas de mener une guerre hégémonique contre les États-Unis, mais d’abord une guerre contre-elle-même. Tracer les transactions, affaiblir les cryptomonnaie qui constituent des failles en termes de souveraineté, d’anonymat et de permissivité pour faire évader les capitaux. Rien de crypto la dedans. On devrait parler d’espèces digitales.

Alors, si derrière le terme fourre-tout des cryptomonnaie, il n’y a pas toujours du crypto et encore moins de la monnaie, qu’y a-t-il ? Une nouvelle gamme d’actif au rendement et au risque d’une ampleur inconnue. Qui les place aux antipodes de la monnaie. Pour les addicts de la spéculation c’est de la drogue puissance 10. Il suffit de comparer les cours du Bitcoin avec ceux de l’or, ou des actions américaines même les plus risquées avec le Nasdaq, pour comprendre que les gains et pertes potentielles sont d’un autre ordre. Contrairement à l’or ou aux actions, il n’y a aucun fondamental, aucun référent ultime qui empêche les arbres de monter jusqu’au ciel. Dans les années 2000, face à la pénurie d’actifs sans risque, la finance avait inventé des actifs sans risque artificiels à travers la titrisation. Dans les années 2010, elle a inventé leur antimatière, de super-actifs risqués, tout aussi artificiels mais qui permettent d’élargir la palette de diversification pour les plus riches. 97% des Bitcoins sont aujourd’hui entre les mains de 4% des adresses. Ce qui signifie que quelques acteurs en jeu peuvent avoir une influence massive sur le marché du Bitcoin : un jouet pour quelques privilégiés, comme une œuvre de Jeff Koons, les œuvres digitales sujet d’un fol engouement, qui deviennent de super-ascenseurs pour faire de l’argent avec de l’argent, sur un mode autoréférentiel, dès lors que la petite caste qui en maîtrise les cours décide qu’il en soit ainsi.

 

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Olivier Passet est directeur des synthèses chez Xerfi. Il est notamment en charge du suivi des politiques économiques et des mutations de l’appareil de production. Depuis 2014, il est également membre de la commission économique de la nation.

Avant de rejoindre Xerfi, il a été économiste à l’OFCE, chef du service économique et financier international du Commissariat Général du Plan, chef du service Économie-Finances du Conseil d’analyse stratégique auprès du Premier Ministre.



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