L’ingénierie et les études techniques rassemblent des prestations intellectuelles destinées aux domaines comportant un processus de production complexe (industrie, énergie, BTP ou services collectifs). En 2020, le secteur, principalement composé de très petites structures, recensait plus de 24 600 établissements d’au moins un salarié pour un total de plus de 301 500 personnes. Le secteur compte à la fois des filiales d’ingénierie de groupes industriels (Thales Services, Alstom Power Systems) et des cabinets de prestations d’ingénierie. Parmi ces derniers, différents profils se distinguent : les spécialistes du conseil en technologies (Capgemini Engineering, Alten, Akka Technologies), de l’ingénierie de construction (Egis, GSE) ou des transports (Systra), des acteurs intervenant dans l’ingénierie de grands projets industriels, notamment dans le domaine parapétrolier (Technip Energies, Saipem) ou dans l’environnement (Veolia) ou encore des cabinets pluridisciplinaires (Artelia).
Deux grands domaines d'activité
Deux grands types d’activité des sociétés d’ingénierie et d’études techniques sont couramment distingués. Les spécialistes de l’ingénierie de la construction (bâtiment, infrastructures et géotechnique) sont capables de mobiliser des équipes pluridisciplinaires sur des grands projets et peuvent constituer des consortiums pour la réalisation de projets en partenariat public-privé (PPP). Ils ont la capacité d’intervenir en tant qu’ensembliers et maîtres d’œuvre. Une part non négligeable du tissu économique est composée de bureaux d’études techniques spécialisés sur un domaine (structure, VRD, etc.) et souvent de taille modeste. Les spécialistes du conseil en technologies (ICT ou SCT) sont spécialisés dans la conception et la réalisation de produits, de process, de solutions digitales ou d’unités industrielles dans les domaines de l’énergie (pétrole, gaz, électricité, etc.), de la chimie, de l’aéronautique, de l’automobile, de la pharmacie, de la métallurgie, etc. Ils sont souvent employés par des groupes industriels sous le nom de « prestataires de R&D externalisée » ou « bureaux d’études extérieurs ».

La France sur le podium européen
La France fait partie des leaders européens de l’ingénierie, après l’Allemagne et le Royaume-Uni. L’Hexagone est le pays d’origine de plusieurs majors du conseil en technologie, à l’instar de Capgemini Engineering, Alten ou Akka Technologies (The Adecco Group). L’Espagne lui emboîte le pas, avec plus de 21 Md€ de revenus dans le secteur en 2019. À eux seuls, ces 4 pays représentaient les deux tiers du chiffre d’affaires et des effectifs sectoriels sur le Vieux Continent (UE 28) au cours de cet exercice. La Suède, qui dispose pourtant de champions comme Sweco et Afry, ne se classe qu’en 7e position du panorama européen.
Fort développement du tissu économique sur moyenne période
Le nombre d’établissements intervenant dans les services d’ingénierie, d’études et de conseils techniques a progressé de près de 30% entre 2010 et 2020. La croissance de l’activité sur moyenne période a attiré des nouveaux entrants, dont l’arrivée a en outre été facilitée par la faiblesse des barrières à l’entrée dans le secteur (investissements financiers et matériels limités, etc.). Des professionnels expérimentés ont par exemple misé sur leur carnet d’adresses pour se mettre à leur compte. Le dynamisme du marché a par ailleurs incité les opérateurs à embaucher massivement. Les effectifs sectoriels ont bondi d’un tiers entre 2010 et 2020. Cet indicateur a toutefois légèrement reculé en 2020. L’effondrement de la demande en provenance des industries aéronautique et automobile a notamment conduit des acteurs du conseil en technologie à mener des plans de licenciement. Alten Sud-Ouest (une filiale du groupe éponyme) a supprimé 480 postes entre mai 2020 et mai 2021.
Un secteur atomisé et peu concentré
Plus de 70% des entreprises du panel Xerfi employaient moins de 10 salariés en 2020. Les bureaux d’études indépendants constituent la grande majorité de ces sociétés. Ils opèrent à l’échelle locale dans l’ingénierie de la construction, où ils sont spécialisés sur un sujet précis, comme la thermique ou le béton. Beaucoup d’entre eux travaillent régulièrement en tant que prestataires des leaders du marché : la sous-traitance représentait 18% des revenus sectoriels en 2019. Et si la nette domination numérique des TPE n’empêche pas les entreprises d’au moins 50 salariés de réaliser plus des trois quarts des revenus, l’activité sectorielle est faiblement concentrée. Les 4 principaux groupes n’ont généré que 12% du chiffre d’affaires de l’échantillon Xerfi en 2020.














