Une croissance de 3% par an à l'horizon 2023
On prend les mêmes et on recommence sur un marché français de l’expertise comptable et de l’audit légal, respectivement estimés à 21,5 milliards et environ 2,3 milliards d’euros. Comme depuis 2014, le rythme de croissance du chiffre d’affaires des cabinet devrait en effet se maintenir à 3% par an d’ici 2023. La récurrence de l’activité, la fidélité des clients ou encore le rapport privilégié de l’expert-comptable avec le dirigeant d’entreprise soutiendront de fait la croissance de la profession. A cet égard, la nécessité pour de nombreuses entreprises d’opérer leur transformation digitale dopera la demande des cabinets. Sans oublier que les conséquences de la loi Pacte seront moindres qu’initialement anticipé pour les cabinets d’audit (avec une perte de chiffre d’affaires de 270 millions d’euros d’ici 2024 au lieu de 620 millions). Les professionnels ont réussi à maintenir leurs marges avec un taux de résultat net courant avant impôt de 12,3%. Mais pris en tenaille entre les comptatech (Clementine, Dougs ou encore Livli) sur le créneau des TPE/PME et les Big Four sur celui des grands comptes, ils vont devoir redoubler d’efforts pour rester dans la course.
De nombreux défis à relever
Car les défis à relever ne manquent pas entre le durcissement du contexte réglementaire avec la loi Pacte, la montée en puissance d’offres en ligne et low cost ou encore le délicat renouvellement des compétences en raison du vieillissement des effectifs des cabinets. Les professionnels du chiffre misent alors sur plusieurs axes de développement. L’accélération de la digitalisation des business models, la généralisation de la facture électronique et le e-reporting, le renforcement des stratégies de diversification (en particulier dans le social/paie mais aussi le conseil en gestion de patrimoine ou le conseil juridique), les stratégies de regroupement entre cabinets et une profonde modification des pratiques de recrutement et de gestion des ressources humaines sont ainsi d’actualité.
Pour promouvoir la filière, fidéliser leur personnel et séduire les candidats potentiels, les professionnels s’attachent ainsi à renforcer leur marque employeur. A cet effet, ils mettent en place des programmes de formation pour développer les compétences internes, facilitent les programmes de mobilité et inventent de nouvelles pratiques de recrutement .
Les partenariats entre les experts-comptables traditionnels et les start-up sont également légion. Et ce, à tous les niveaux : gestion pré-comptable (Chaintrust, Evoliz…), production comptable (RCA, MyUnisoft…), plateformes collaboratives (Welyb, Teogest…). De la même façon, l’incursion des néobanques dans le secteur se fait selon des logiques partenariales. Au-delà, le secteur devrait connaître un vaste mouvement de consolidation à plusieurs niveaux : les majors de la profession poursuivront leurs emplettes tandis que les cabinets de taille intermédiaire devraient privilégier l’agrégation de compétences. Les cabinets plus petits pourraient eux rejoindre un groupement.
Prime à la taille
Dans ce nouveau contexte concurrentiel et réglementaire, les grands cabinets et les réseaux d’envergure multidisciplinaires sont idéalement positionnés. Sur les marchés de l’expertise comptable et de l’audit, ils disposent de spécialistes (expert-comptable, juriste social, gestionnaire de paie…) et sont en mesure de segmenter les tâches pour un même dossier client. Ils ont également une longueur d’avance en matière d’informatisation (ou industrialisation) et peuvent s’appuyer sur des fonctions support nombreuses. Enfin, ils peuvent en général se prévaloir de leur multidisciplinarité (audit légal, activités de conseil…).
Les cabinets de taille plus modeste vont peu à peu devoir se placer dans une logique d’apporteurs de solutions. Faute de ressources financières suffisantes, ils opteront sans doute pour l’agrégation de compétences. Le recrutement de nouveaux experts associés est ainsi une piste explorée. Idem pour la fusion afin de gagner en complémentarité, à l’image de celle intervenue entre PKF Arsilon (ex PwC pour les Entrepreneurs) et le cabinet Hapeaz, rapprochement qui doit permettre de proposer un panel plus large de services, notamment sur le volet social et en matière de création/reprise d’activité.














