La France présente certes un fort potentiel pour les énergies marines mais elle peine à les développer à grande échelle. L'hydrolien reste la technologie la plus avancée avec plusieurs projets pilotes. Cependant, le manque de financement et les défis technologiques entravent encore son développement commercial. Les filières osmotique et thalassothermique suscitent également un intérêt croissant, tandis que le marémoteur patine.
La France a une carte à jouer dans les nouvelles énergies marines n’ayant pas encore atteint un stade de développement commercial significatif, comme c’est le cas partout dans le monde. Les technologies sont toujours balbutiantes, les déploiements peu nombreux et plusieurs freins restent à lever : accès au financement pour les porteurs de projets, difficultés technologiques liées aux multiples contraintes des milieux marins, etc. À l’échelle européenne, le Royaume-Uni a pris les devants des nouvelles énergies marines avec déjà plusieurs grands parcs hydroliens en activité au large de l’Écosse et d’autres projets d’envergure qui seront déployés à court et moyen termes. Dans l’Hexagone, au-delà d’une poignée de prototypes, seule l’usine marémotrice de La Rance (en Ille-et-Vilaine), pionnière du segment, est en service.
La filière de l’hydrolien marin est la plus prometteuse
La France affiche un potentiel supérieur à 4 GW dans l’hydrolien. Trois démonstrateurs pré-industriels ont déjà été immergés et une première ferme pilote hydrolienne, qui pourrait être la plus puissante au monde, devrait entrer en service dans le raz Blanchard d’ici 2025. Baptisé FloWatt, ce projet est porté par le fabricant de turbines HydroQuest et l’énergéticien Qair Marine. L’installation pourrait produire jusqu’à 41 GWh d’électricité par an. À quelques encablures, la coentreprise Normandie Hydroliennes (alliance entre la Région, le métallurgiste Efinor et l'énergéticien écossais Simec Atlantis) porte un projet d’une puissance de 12 MW. Si l’hydrolien est encore au stade de la démonstration et ne semble pas assez mature pour passer le cap du développement commercial, la massification de la technologie devrait permettre de faire baisser les coûts. Les exploitants misent aussi sur l’intégration de l’hydrolien à la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (2024-2032), une condition essentielle pour assurer sa viabilité.
Un premier projet dans l’osmotique, des perspectives au point mort dans le marémoteur
La filière osmotique pourrait changer d’échelle après des expérimentations décevantes à l’international. La start-up bretonne Sweetch Energy a annoncé en juillet 2022 la prochaine installation par la CNR de la première centrale osmotique pilote de France à Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône) pour une mise en service prévue fin 2023. La thalassothermie a également le vent en poupe. L’envolée des prix de l’énergie incite les communes côtières à investir dans de nouveaux projets pour assurer une partie des besoins en chauffage et climatisation de bâtiments publics et privés. Les perspectives sont en revanche au point mort pour le segment marémoteur. La France a été pionnière dans l’énergie des marées avec la mise en service en 1966 de l’un des seuls ouvrages de ce type au monde. Désormais, aucun nouveau projet n’est envisagé à long terme dans l’Hexagone. Cette frilosité s’explique à la fois par des raisons écologiques (ces installations perturbent le fonctionnement des estuaires et favorisent leur envasement) et financières (la centrale de La Rance n’est toujours pas rentable).














