Un redressement nettement freiné en 2022
Après un redémarrage puissant en 2021, la production chimique tricolore est en train de caler. Ce coup d’arrêt cache des réalités très hétérogènes selon les segments. La demande de peintures, plastiques, caoutchouc ou fibres synthétiques coince en raison des difficultés persistantes dans l’auto-aéro tandis que la demande BtoC dans la chimie des matériaux s’est retournée. L’engouement des ménages pour améliorer le confort de leur habitat s’est nettement estompé, ce qui s’est traduit par un recul des ventes de revêtements, colles ou produits de jardinage sur les premiers mois 2022. La situation continue en revanche de s’améliorer dans la parfumerie et les cosmétiques suite à la fin du port du masque et au retour des touristes occidentaux, et les perspectives restent favorables dans la chimie pharmaceutique.
Le volume d’activité reviendra tout juste à son niveau d’avant-crise en 2023
Les volumes produits par la chimie française progresseront plus fortement en 2023 (+2,3% selon nos prévisions). Les tensions d’approvisionnements en semi-conducteurs vont s’atténuer, de quoi permettre une accélération des cadences dans la filière automobile, et donc une reprise plus forte des commandes pour les fournisseurs de peintures industrielles ou pièces plastiques. Les besoins en produits chimiques destinés au BTP, à la pharma et au nettoyage resteront élevés et la dynamique autour des produits de luxe français (notamment dans la parfumerie) ne se démentira pas. Paradoxalement, les tensions sur le pouvoir d’achat des ménages pourraient aussi conduire à une descente en gamme au profit de produits alimentaires transformés contenant des additifs chimiques ou issus de l’agriculture conventionnelle, utilisant davantage de pesticides, même si les objectifs à moyen terme de réduction de la consommation de phytosanitaires et d’engrais chimiques ont été renforcés.















