Avis d'expert30 mai 2022

Imprimerie : l'érosion du tissu industriel se poursuit - 2022

Vincent Chamouleau

Vincent Chamouleau

Analyste Expert

Imprimerie : l'érosion du tissu industriel se poursuit

L’industrie française de l’imprimerie et des activités connexes (prépresse, finition, reliure, routage, etc.) regroupait 4 900 établissements dont la production vendue s’élevait à 7,2 Md€ en 2020. Le secteur est très peu concentré car très atomisé en particulier sur le segment des imprimés publicitaires (affichage, imprimés sans adresse, mailing, etc.). Toutefois, certains produits imprimés regroupent une population restreinte d’acteurs en raison des capacités de production importantes qu’il faut détenir afin de pouvoir répondre à la demande et être suffisamment compétitif, à l’instar de l’imprimerie de presse (quotidiens, magazines), des livres ou encore des étiquettes. L’impression de documents administratifs est même largement assurée par l’État via IN Groupe et la Banque de France au côté d’Oberthur Fiduciaire, plus important fabricant de billets de banque. Ainsi, l’intensité capitalistique de l’activité dépend très largement du positionnement produit des imprimeurs. Les marchés clients du secteur sont très nombreux et diversifiés. Ils comprennent tour à tour les éditeurs de livres et de presse, les annonceurs publicitaires, les administrations ou encore les industriels.

La France : 3e pays producteur d’imprimés en europe

La France est le 3e pays producteur d’imprimés et fournisseur de services d’impression en Europe (hors Royaume-Uni) avec 15% des facturations sectorielles en 2020, derrière l’Allemagne (25%) et l’Italie (18%). À l’échelle européenne, la France a concentré 20% (en valeur) de la production d’imprimés administratifs ou commerciaux, 16% de la fabrication-impression d’étiquettes et 15% de la production d’imprimés publicitaires.

Le tissu économique du secteur s’effrite avec le recul de la demande

Le tissu économique du secteur de l’imprimerie et des activités graphiques s’est fortement contracté sur la dernière décennie. Au niveau sectoriel, les effectifs ont reculé de 30,% entre 2011 et 2020 tandis que le nombre d’établissement a diminué de 27% sur la même période. Ce repli s’explique par la baisse continue des volumes d’imprimés (catalogues commerciaux, courriers publicitaires, papiers administratifs et d’entreprises, etc.) sur moyenne période : la production totale du secteur de l’imprimerie a reculé de 18,7% en volume entre 2011 et 2020 selon l’Insee. La dégradation de l’environnement de marché a contraint les imprimeurs à restructurer leurs activités, dans le cadre de fermetures de site, de plans de licenciement ou à l’occasion de rapprochements entre plusieurs acteurs. Les mouvements de consolidation qui sont à l’œuvre dans le secteur se traduisent en effet par des opérations de rationalisation des surfaces de production et de modernisation des machines d’imprimerie, se traduisant notamment par une automatisation croissante de la production au détriment de l’emploi.

Des degrés d’atomicité et de concentration différents selon les segments

Le secteur de l’imprimerie révèle des degrés de concentration variables d’un segment à l’autre. L’impression de journaux est par exemple très fortement concentrée. Le groupe Riccobono, leader de l’impression de presse quotidienne en France, concentrait par exemple plus de 50% du chiffre d’affaires du segment. Ce degré élevé de concentration se retrouve également dans l’analyse de la répartition des entreprises par taille : les structures de plus de 50 salariés représentaient 30% du panel Xerfi d’entreprises d’impression de journaux en 2020. À l’inverse, l’impression de labeur est particulièrement éclatée. Il convient néanmoins de rappeler que ce segment regroupe de nombreux débouchés et requiert une analyse d’autant plus fine. L’impression sécurisée nécessite par exemple une importante intensité capitalistique (dépenses de R&D, mise en compétition par les donneurs d’ordres, etc.) tandis que l’impression de supports de communication, de signalétique, de documents administratifs, ou d’articles de papeterie/bureautique présente des barrières à l’entrée moins fortes.

Vincent Chamouleau

Vincent Chamouleau

Analyste Expert

Vincent Chamouleau analyse les transformations économiques à l’œuvre dans les secteurs des médias, de la communication et des technologies numériques. Il décrypte les recompositions des écosystèmes, l’évolution des modèles publicitaires et l’intégration croissante de l’IA dans les chaînes de valeur.

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