Un objectif : 35% de réduction des émissions directes de gaz à effet de serre de l’industrie d'ici 2030
La décarbonation de l’industrie française semble en bonne voie. Les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui visent une réduction de 35% des émissions directes de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie en 2030 et de 81% en 2050 par rapport à 2015, paraissent de fait réalistes. Attirées par les milliards dépensés par les industriels pour leur transition écologique, une myriade d’entreprises en font leur terrain de jeu. Energéticiens, groupes du BTP et des services ou encore start-up spécialisées sont dans les starting-blocks. Pourtant, le chemin vers la neutralité carbone est semé d’embûches.
Sans surprise, la réduction de leur consommation d’énergie est la priorité des industriels en matière de décarbonation. Il s’agit en effet le plus souvent du premier facteur d’émission de GES. Sans oublier que les baisses de consommation permettent de gagner en compétitivité, surtout quand les prix de l’énergie s’envolent. Outre l’amélioration de la compétitivité, la contrainte réglementaire et l’adaptation aux attentes des clients motivent les décisions d’investissements dans la transition écologique. Synonyme d’investissements lourds et potentiellement risqués, de besoins en nouvelles compétences ou encore d’arrivée de nouveaux concurrents, le chemin de la neutralité carbone peut donc se révéler fructueux pour les entreprises. Il peut en effet favoriser la montée en gamme, l’amélioration de la compétitivité sur le plan européen et une résilience accrue de l’activité (chaînes d’approvisionnement raccourcies, exposition réduite aux variations de prix des matières premières et des énergies fossiles).
Trois filières concentrent 70% des émissions
Déjà, les émissions de GES de l’industrie française ont largement reflué entre 2000 et 2021. Un résultat spectaculaire, mais qui a beaucoup profité de la désindustrialisation du pays, avec notamment le transfert à l’étranger d’activités polluantes, dans la chimie notamment. Malgré ce recul marqué, l’industrie représentait encore 19% des émissions de GES en France l’an dernier (hors importations). Les principaux secteurs émetteurs de GES sont la métallurgie (25%), la filière des minéraux non métalliques (ciment, verre…23%) et la chimie (23% hors raffinage). Ces trois secteurs font l’objet de feuilles de route de décarbonation à l’horizon 2030 avec un recul attendu de respectivement 6 Mt de CO2e, 4,5 Mt et au moins 2,3 Mt. Avec l’industrie agroalimentaire (11%), ces quatre secteurs concentrent 80% des émissions de GES de l’Hexagone.
Un marché en devenir et déjà disputé
A l’évidence, le segment de l’efficacité énergétique est le plus disputé. L’analyse des consommations énergétiques et les recommandations qui en découlent sont aussi des solutions prisées des industriels. En revanche, la production d’hydrogène bas carbone, le captage de CO2 et les solutions de valorisation de chaleur fatale sont encore balbutiants. Vu la diversité des solutions possibles et les milliards d’euros en jeu, plusieurs profils d’acteurs cohabitent sur ce marché de la transition écologique : énergéticiens (EDF, Engie…), opérateurs des services multitechniques (Spie, Bouygues E&S…), jeunes pousses spécialisées (Metron, Eco-Tech…), sociétés de conseil (Greenflex, Acterra…), équipementiers (ECM Technologies, Fives…), ingénieristes (Technip Energies, Ortec…)… En fonction de leurs expertises respectives, ils peuvent collaborer dans le cadre de groupements, participer à des programmes communs sans véritable collaboration ou bien entrer en concurrence frontale.














