Le contexte d’inflation forte pèse depuis plusieurs mois sur la demande des ménages qui est repassée sous son niveau d’avant-crise sanitaire. Dans le détail, la consommation de biens a plié (-0,7%) sous l’effet du nouveau fort recul des achats alimentaires (-2,8%) qui souffrent de la forte hausse des prix dans les rayons. C’est le signe d’une baisse effective des quantités consommées mais aussi de l’abaissement généralisé de gammes des produits achetés. Plus globalement, la consommation en produits manufacturés évolue sous son niveau d’avant pandémie depuis l’été 2021. Ce reflux fait écho à l’effondrement de la confiance qui atteint désormais ses plus bas niveaux depuis 50 ans. Ces craintes en l’avenir se traduisent par des intentions d’épargne élevées et par la chute concomitante des projets d’achats importants, d’autant plus qu’avec la remontée des taux le coût des crédits à la consommation a explosé. Dans le prolongement du coup de frein observé en 2022, la consommation des ménages manquera sacrément d’allant en 2023, reculant même légèrement (-0,2% selon notre scénario). Il faudra du temps aux particuliers pour relancer la machine. Le temps que la confiance revienne et surtout que l’inflation se dissipe et les décide à stopper leur effort d’épargne pour protéger leurs revenus. C’est néanmoins une distillation lente du surplus d’épargne qui se profile en 2024 ne laissant pas espérer beaucoup plus qu’une augmentation de 1% de la consommation.















