Où en sommes-nous sur le télétravail et quelles conséquences sur l’immobilier de bureaux ? Près de deux ans après la crise, l’observatoire Xerfi sur les bureaux et le coworking vient objectiver les tendances perceptibles et oriente sur les signaux faibles à surveiller.
Un ancrage profond du télétravail
L’enquête met en lumière cinq tendances majeures :
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Le télétravail est désormais fermement ancré dans les pratiques managériales des entreprises. 46% des collaborateurs sont concernés en 2023, pour une durée moyenne légèrement inférieure à deux jours ;
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Ces pratiques semblent être là pour durer. Une grande majorité de répondants envisagent en effet une stabilisation ces deux prochaines années ;
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Le télétravail concerne très largement les « cols blancs » du secteur tertiaire, mais la part des effectifs éligibles dans l’industrie, le bâtiment, la logistique ou le commerce reste élevée, signe que les fonctions support de ces secteurs pratiquent aussi le travail à distance ;
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L'Île-de-France se distingue comme un bastion du télétravail, avec une moyenne supérieure à deux jours par semaine ;
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Les entreprises perçoivent le télétravail plutôt positivement, notamment en ce qui concerne la qualité de vie des collaborateurs, la productivité et l’attractivité de l’entreprise. Mais des points négatifs sont relevés. Sont notamment pointés l’organisation pratique de la vie de bureau, le management ou la cohésion des équipes.
Pas de rejet massif du remote
Autre enseignement, plus surprenant, de notre enquête, le 100% télétravail, ou remote, ne suscite pas le rejet massif auquel on aurait pu s’attendre. Certes, 80% des répondants ne le considèrent pas envisageable, mais cette part n’est que de 65% dans le Grand Paris.
Une petite minorité (4%) estime le remote comme une organisation envisageable, ou déjà pratiquée. Il existe enfin une zone grise, soit des entreprises qui pensent que le remote peut être adapté pour certains collaborateurs ou certains services de l’entreprise. Cette opinion réunit 17% des répondants dans leur ensemble, mais 24% des sociétés franciliennes et 22% des sociétés de plus petite taille (moins de 200 salariés).
Ces tendances montrent que les mentalités évoluent, et que des organisations impensables il y a quelques temps ne le sont plus. C’est aussi le cas de la semaine de quatre jours, qui fait l’objet d’une réflexion poussée dans de nombreuses entreprises. L’environnement de travail s’en trouve naturellement bouleversé, avec des conséquences en cascade sur l’immobilier de bureaux.














