Où en la filière du BTP en matière d’économie circulaire ?
Précisons en préambule que l’économie circulaire dans le BTP regroupe la gestion des déchets de chantier (collecte, tri, recyclage…), la réduction des matières utilisées (produits, matériaux et intrants pour fabriquer) et l’utilisation de produits et matériaux recyclés. La grande majorité des déchets du BTP provient de la filière travaux publics (environ 80%) qui génère surtout des déchets inertes (béton, tuiles…). C’est aussi le cas du gros œuvre en bâtiment. En revanche, la branche du second œuvre, à l’origine de seulement 5% des déchets du BTP environ, pèse lourd dans les gisements de déchets dangereux. En théorie, une démarche d’économie circulaire doit permettre aux acteurs du BTP de tendre vers l’autosuffisance en matériaux. En réalité, les contraintes techniques et opérationnelles sont bien trop importantes pour que ceux-ci puissent s’approvisionner par le seul biais du réemploi et du recyclage de leurs déchets. Ceci posé, les perspectives de croissance de l’économie circulaire dans le BTP d’ici 2025 s’annoncent prometteuses.
Comment alors les rapports de force peuvent-ils évoluer?
Trois grands profils d’acteurs interviennent. D’abord, les entreprises de construction qui réemploient leurs déchets et utilisent des matériaux recyclés ou bas carbone. Ensuite, les fabricants et distributeurs de produits et matériaux de construction qui proposent des offres de collecte des déchets, les intègrent à leur production et développent des gammes bas carbone. Enfin, les prestataires externes qui sont entre autres les spécialistes des services environnementaux, les transporteurs, les recycleurs, les développeurs de solutions digitales et les éco-organismes. Et le paysage concurrentiel va fortement évoluer. A tel point qu’une consolidation du secteur semble inéluctable.
Comment procèdent alors les acteurs historiques pour conserver leur place ?
Face à ces menaces et pour renforcer leurs positions, les acteurs historiques capitalisent sur leur expertise en matière de gestion des déchets et adaptent leur offre aux besoins particuliers du BTP. A cet effet, miser sur l’innovation et les collaborations avec les jeunes pousses ces prochaines années semble un parcours obligé pour les producteurs comme pour les gestionnaires de déchets.














