L’économie française quasiment à l’arrêt en 2026
L’économie française a calé au 1er trimestre 2026, après une fin d’année déjà poussive. Le PIB s’est contracté de 0,1%, tandis que la consommation des ménages et l’investissement ont reculé. Le 2e trimestre a ensuite été dominé par les répercussions du conflit entre l’Iran et les États-Unis : flambée des prix de l’énergie, regain d’inflation, pression sur le pouvoir d’achat et montée des incertitudes. Autant de facteurs qui ont freiné la consommation et conduit les entreprises à différer leurs projets d’investissement.
Depuis, l’apaisement des tensions géopolitiques et le reflux des cours des hydrocarbures redonnent un peu d’air aux ménages comme aux entreprises, notamment aux secteurs les plus énergivores. Mais le choc laissera des traces. Même moins brutal que celui provoqué par la guerre en Ukraine, le renchérissement de l’énergie aura lourdement pesé sur l’activité. Privé de marges de manœuvre budgétaires, l’État n’a pu en amortir les effets qu’à la marge.
La sortie du conflit demeure en outre incertaine et l’attentisme continuera de verrouiller une partie de l’économie. Notre prévision de croissance du PIB français en porte les stigmates : seulement 0,5% en 2026. L’économie échapperait ainsi de peu à la récession, sans parvenir à enclencher une véritable dynamique de reprise.
Une reprise en pente douce en 2027
L’année 2027 sera placée sous le signe des élections présidentielle et législatives, dont l’issue s’annonce particulièrement indécise. En toile de fond, les inquiétudes grandissantes sur l’état des finances publiques entretiendront un climat d’incertitude peu propice à une reprise franche.
Du côté des ménages, la perspective d’un futur tour de vis fiscal favorisera une libération lente et prudente de l’épargne. Les réserves accumulées seront mobilisées au fil de l’eau, sans provoquer de véritable rebond de la consommation. Les entreprises adopteront la même posture attentiste. Parce qu’il est coûteux, difficilement réversible et souvent financé à crédit, l’investissement sera différé dès lors qu’il engage l’avenir.
Dans ce contexte, le commerce extérieur devrait contribuer positivement à la croissance française et jouer un rôle d’amortisseur. Cet appui ne suffira toutefois pas, à lui seul, à remettre durablement l’économie sur une trajectoire dynamique.
Une croissance toujours bridée en 2028
Une fois les élections passées, l’horizon politique et économique devrait gagner en lisibilité. Ménages et entreprises pourront alors adapter leurs décisions à la nouvelle donne. Mais l’équation de fond restera inchangée : la dégradation des finances publiques imposera un effort de redressement.
Celui-ci devrait combiner une réduction des dépenses publiques et une hausse de la pression fiscale sur les ménages comme sur les entreprises. Deux orientations qui pèseront nécessairement sur la demande intérieure, l’investissement et, plus largement, sur la croissance du PIB.
Dans ces conditions, la France devrait renouer avec une progression un peu plus soutenue de son activité en 2028, mais sans véritable décollage. Difficile, dès lors, d’espérer beaucoup plus de 1% de croissance.
Attention, un scénario noir reste possible
Notre scénario central repose sur un cours moyen du pétrole de 84,5 dollars le baril en 2026 — après une moyenne de 87,8 dollars entre janvier et mars — puis de 70 dollars en 2027.
Mais un scénario nettement plus défavorable ne peut être écarté. Une reprise du conflit pourrait propulser le prix du pétrole au-delà de 120 dollars le baril, avant de le maintenir autour de 100 dollars jusqu’à la fin de 2027. Le prix du gaz atteindrait parallèlement 75 euros le mégawattheure, puis ne refluerait que très lentement.
Un tel choc énergétique bouleverserait la trajectoire de l’inflation française. Les hausses de coûts se diffuseraient à l’ensemble de l’économie et pourraient enclencher une boucle prix-salaires, alimentée par des effets de second tour. Le pouvoir d’achat serait alors plus durement touché, malgré l’indexation partielle des salaires proches du SMIC et de certaines prestations sociales.
Le marché du travail finirait lui aussi par se retourner. Le taux de chômage dépasserait 9% dans le courant de l’année 2027. La consommation des ménages stagnerait, avec une croissance proche de 0%, tandis que l’investissement reculerait. Confrontés aux mêmes contraintes énergétiques et inflationnistes, les principaux partenaires commerciaux de la France réduiraient également leur demande, provoquant une chute des exportations.
La dégradation de l’activité pèserait lourdement sur les finances publiques. Le déficit public se rapprocherait de 6% du PIB en 2027 et la dette publique s’installerait au-dessus de 120% du PIB. Dans ce scénario noir, la France entrerait en récession, avant d’enregistrer en 2028 un rebond limité à moins de 1%.














