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AVIS D'EXPERT

« La crise est un stress test grandeur nature pour le cadre réglementaire imposé par Bâle III »

Trois questions à Sabine Gräfe

Publié le 23 Novembre 2020




Quel rôle les banques françaises jouent-elles face à la crise ?

A travers les prêts garantis par l’Etat (PGE), le secteur bancaire a été placé au cœur du dispositif de soutien aux entreprises françaises pour faire face à la crise actuelle. A rebours de 2008, le système bancaire contribue à maintenir l’économie réelle à flot. Le stress sur les trésoreries des entreprises est resté atténué. Et en quelques mois, les entreprises ont réussi à thésauriser l’équivalent de 16 points de valeur ajoutée de cash ! Un véritable trésor de guerre qui peut faire office de matelas de sécurité conséquent pour armer la reprise ou, à défaut, amortir la seconde vague épidémique qui se profile. En somme, les mesures d’urgence prises par le gouvernement pour aider les entreprises à faire face aux conséquences immédiates de la quasi mise à l’arrêt de l’économie le temps du confinement ont déjà produit des résultats spectaculaires. Depuis le lancement du dispositif, le 25 mars, plus de 120 milliards d’euros de prêts ont été consentis à plus de 580 000 entreprises, essentiellement des TPE et des PME. Les 108 milliards d’euros d’encours concernés sont couverts à 90% par l’Etat. Cela permet, au final, de circonscrire l’exposition des banques, aujourd’hui aux avant-postes du dispositif. D’ici la fin de l’année, date butoir, les projections tablent sur un encours total de 140 milliards d’euros. Bercy a budgété pour 2021 un taux de défaut estimé à 1% des encours de PGE et semble retenir l’hypothèse de 4% sur la durée totale du dispositif.

 

Quels risques pèsent dès lors sur le secteur bancaire, en première ligne dans le dispositif gouvernemental de soutien aux entreprises ?

Derrière ce constat qui pourrait presque donner une image rassurante de la situation, voire encourager un certain optimisme, il faut s’interroger sur d’éventuels effets de second tour. Si la situation financière des entreprises a été préservée, leur endettement s’est en parallèle littéralement envolé. En outre, les prêts garantis ne représentent pas plus de 10% d’un endettement bancaire total qui avoisine les 1 200 milliards d’euros. Dès lors, il paraît difficile d’imaginer que les défaillances à venir n’impacteront pas, par effet domino, des créances antérieures qui ne bénéficient pas, elles, de la garantie de l’Etat. Les six grandes banques françaises avaient ainsi provisionné fin juin près de 10 milliards d’euros au titre de la charge du risque contre quelque 4 milliards d’euros un an plus tôt. Davantage qu’une envolée du taux de créances douteuses, cette forte hausse relève en grande partie de l’exercice d’anticipation imposé par la norme IFRS9 et reflète la prise de conscience d’un risque de crédit élevé. Un risque qui cristallise d’ailleurs toutes les inquiétudes des autorités bancaires. Systémique par nature, la probabilité qu’il se concrétise est loin d’être négligeable et doit pousser à la plus grande vigilance. Certes, la solidité financière des banques est sans commune mesure avec celle affichée lors de la crise des subprimes ou des dettes souveraines. En réalité, la crise est un stress test grandeur nature pour le cadre réglementaire imposé par Bâle III.

 

Est-ce à dire que le PGE est une bombe à retardement pour le secteur bancaire ?

Hier, à la fois causes et victimes de la crise des subprimes, les banques font aujourd’hui partie de la solution. Un rôle consacré par le dispositif du PGE et conforté par les actions toujours moins conventionnelles de la BCE. L’objectif visé est bel et bien d’éviter aux banques d’être entravées dans leur rôle de soutien à l’économie réelle. Ce soutien sans faille des autorités de contrôle et de la BCE s’est traduit par des allègements inédits de la réglementation concernant le calcul des fonds propres prudentiels et d’autres ratios. Il s’est également manifesté par un remarquable assouplissement des conditions des opérations de refinancement, écartant donc le risque de liquidité. D’origines diverses, les crises qui ont jalonné l’histoire de la sphère financière ont pourtant eu en commun de prendre à défaut les cadres réglementaires et prudentiels alors en vigueur. Et aujourd’hui, la situation est potentiellement explosive. Les pires scénarios, retenus dans le cadre des stress tests auxquels sont soumis les établissements bancaires de la zone euro, n’ont à l’évidence pas été dimensionnés à la hauteur de la crise actuelle. Synonyme d’une grande récession, le scénario du pire pourrait résulter d’une rigueur installée chez les entreprises et/ou l’Etat, voire d’une mauvaise coordination entre les pays. Dans cette configuration, les mesures gouvernementales ne parviendraient pas à contenir les défaillances et n’empêcheraient pas les effets cumulatifs. Le mouvement serait d’une telle ampleur que cela finirait par affecter la qualité des bilans bancaires. Dans ce scénario du pire, les marchés financiers pourraient également vaciller, exacerbant au passage les difficultés de l’économie réelle. Au-delà de ce scénario catastrophe, le risque est également grand d’une économie qui basculerait dans une dynamique zombie en maintenant artificiellement en vie des entreprises déjà mal en point avant la crise. Vu l’activisme des Etats, de Bruxelles et de la BCE, ces scénarios catastrophes ne sont pourtant pas les plus probables. Dans les faits, banques et entreprises partagent désormais une communauté d’intérêt et de destin, conséquence de l’envolée de l’endettement des entreprises. Leur « survie » est intimement liée. Les banques vont donc devoir trouver le juste équilibre pour préserver leur solvabilité tout en accompagnant leurs clients professionnels et entreprises. Certaines pourraient même trouver des opportunités auprès des entreprises relativement épargnées pour renforcer leurs activités..

Collaboratrice de Xerfi depuis 1994, Sabine Gräfe est Directrice d'études et experte dans les secteurs Assurance-Banque-Finance. Elle est titulaire d’un master de l’Université Paris X-Nanterre en monnaie et finance.




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