Les organismes de formation professionnelle privés à but lucratif à l’horizon 2015
Renouveler l’offre et intégrer de nouvelles compétences
pour tirer parti des changements à venir
Les années de forte croissance et de marges élevées appartiennent au passé
Les organismes de formation professionnelle privés à but lucratif ont incontestablement vécu de belles années de 2004 à 2008, mais la crise de 2009 amis un terme à ce mini âge d’or. Certes la croissance est restée positive malgré la récession économique. Mais les marges et les résultats, comme le révèle le panel d’entreprises de Xerfi-Precepta, ont sensiblement reculé, notamment sous l’effet des pressions tarifaires. Pressions qui, après une pause en 2010, ont repris de plus belle en fin d’année 2011. L’horizon s’obscurcit donc d’autant que le contexte économique se dégrade. Pour autant, les organismes de formation professionnelle à but lucratif ont des opportunités à saisir. La crise est en effet une période propice aux remises en question et au renouvellement des méthodes de travail et des offres commerciales. C’est une période dont une entreprise ressort plus forte ou ne ressort pas…
Les entreprises clientes professionnalisent leurs achats de formation
Etre créatif, se renouveler, se réinventer, c’est un peu plus qu’une possibilité, c’est une obligation pour les organismes de formation professionnelle ! Une chose est sûre : la profession, sous l’effet de multiples facteurs de changements, aborde en ce début de nouvelle décennie un virage décisif. En premier lieu, les entreprises clientes de la formation commencent à appliquer à la formation professionnelle les mêmes préceptes que ceux qu’ils appliquent à d’autres types d’achats : professionnalisation des appels d’offres, référencement d’un nombre limité de fournisseurs « crédibles », exigences accrues en matière de qualité, de prix et de retour sur investissement. L’externalisation de l’achat et de l’organisation de formations professionnelles, qui progresse à grands pas, participe également de cette évolution. De leur côté, les apprenants (bénéficiaires de la formation) – à l’origine dans 50% des cas du choix de l’organisme de formation – sont de moins en moins passifs face à la formation au cours de leur vie professionnelle. Ils attendent d’elle des bénéfices concrets et qu’elle s’adapte à leur profil et à leur rythme d’apprentissage. Face à ces évolutions, les organismes de formation doivent faire évoluer leur marketing, leurs produits et leurs pratiques commerciales.
Le cadre réglementaire va encore évoluer
Les professionnels du secteur doivent par ailleurs se préparer à des changements sur le front de la réglementation. Une énième réforme de la formation professionnelle paraît ainsi inévitable, après l’échec de celle de 2009. Sans se prononcer sur le contenu de la réforme à venir – qui dépendra en grande partie des élections présidentielles de mai 2012, tout au moins est-il possible d’en deviner les grands traits :
- une plus grande « responsabilisation » des salariés dans la conduite de leur destin professionnel ;
- une redistribution des budgets de formation en faveur des publics les plus éloignés de l’emploi ;
- la mise en place d’un système public ou privé de contrôle des pratiques et de la qualité des organismes de formation ;
- et un assainissement du système du financement de la formation professionnelle continue, aujourd’hui devenu trop complexe et opaque.
Autant de principes directeurs que les dernières mesures gouvernementales (2004 et 2009) ont échoué à mettre en œuvre. Les changements réglementaires peuvent être de plus grande ampleur, avec par exemple l’abrogation de l’obligation de « former ou payer » instituée par la loi de 1971, ou tout au moins un desserrement des obligations pesant sur les entreprises en matière de formation.
Les formats de formation évoluent sous l’effet des nouvelles technologies
Refonte du cadre réglementaire, professionnalisation de l’achat de formation : ce ne sont pas là les seules clés de changement pour la profession. Les organismes de formation doivent également et surtout composer avec les possibilités offertes par les nouvelles technologies et l’évolution des attentes des utilisateurs / bénéficiaires de formation notamment en matière:
- d’accessibilité des formations (tendance « ATAWAD » : pouvoir se former n’importe quand, n’importe où, de n’importe quelle façon via n’importe quel média) ;
- de « ludicité » (apprentissage par le jeu et la mise en situation sous forme ludique) ;
- et de certification des formations suivies.
Le modèle du cours magistral a vécu ; les organismes de formation s’attachent aujourd’hui à inventer de nouveaux formats de formation, conciliant flexibilité, efficacité et satisfaction des participants. Des formats « multimodaux », intégrant la technologie (l’e-learning) dans un parcours de formation dont le présentiel n’est désormais plus qu’une des étapes.
La fin du « business as usual » : les formateurs face au défi du changement
L’enjeu pour les organismes de formation n’est pas seulement de faire évoluer leurs produits, il est d’inventer un nouveau modèle d’entreprise de formation, avec à la clé des changements de techniques commerciales et de marketing, l’intégration de nouveaux maillons à la chaîne de valeur et la mise en place d’une véritable stratégie de marque… « Quand les vents du changement soufflent, certains construisent des abris, d’autres des moulins » dit un proverbe chinois. Faire le dos rond ne suffira probablement pas. Au-delà des mois pénibles qui s’annoncent, les organismes de formation doivent dès à présent construire leur avenir.
Grâce à cette analyse complète et opérationnelle, Xerfi-Precepta met à la disposition des dirigeants du secteur un véritable outil pour organiser et hiérarchiser l’information, stimuler la réflexion et préparer les décisions. |